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Articles de septembre à novembre 2004
28 novembre 2004 André Sauge
La littérature impossible
2ème partie : Le récit trahit le projet

(Ce texte est publié en 3 parties.)



21 novembre 2004 Brooks La Chance
Maurice Bellet, ou la déception surmontée

J’écris. J’écris comme au milieu du feu, parce que ce que j’ose aborder, c’est l’intouchable.
Je vais écrire jusqu’au bout. Je n’entrevois qu’à travers la brume- à travers un nuage de nuit, en vérité- ce vers quoi je vais, et dont j’espère apercevoir quelque clarté
.

Inhabituelles de la part d’un homme qui se dit philosophe, ces premières lignes de L’amour déchiré (2000). Insolite, cet aveu d’ignorance portant sur le sens, la direction du discours. Rebutant, peut-être, le lecteur soucieux d’arriver à destination, plutôt que cheminer dans un compagnonnage qui se veut fraternel...



10 novembre 2004

André Sauge
La littérature impossible
1ère partie : Comment surmonter la menace de l'échec
?

(Ce texte est publié en 3 parties.)

Le texte d’André SAUGE, La littérature impossible, a été écrit pour le livre consacré à la mémoire d’Elsa BERG, paru sous le titre Poupée de sang ou l’écriture de la douleur, en coédition au Cosmogone, Lyon, et la Fontaine, Valence, en avril 2004, distribué en Suisse (ISBN 2-914238-42-8).
Cet ouvrage est une réédition de Poupée de sang, dernier texte d’Elsa Berg avant son suicide, accompagné de deux études et de divers témoignages. La première étude est celle d’André SAUGE, publiée ici ; la deuxième est celle de Michel CORNU.

Michel CORNU s’était déjà intéressé à cette œuvre d’Elsa BERG, à la suite de sa conférence donnée le 2 décembre 2000, dans le cadre d'une matinée de réflexion organisée par la Commission d'éthique de psychiatrie, Lausanne, sur le thème, Suicide et éthique (lire son article : Le suicide est-il un problème ?) A cette occasion, Jean Moulin lui communiqua le livre de Poupée de sang. De ses réflexions est né un texte publié dans Contrepoint philosophique sous le titre L’Ecriture de la douleur.
Les témoignages ont pour auteur : le Docteur Any Celtan, psychothérapeute d’Elsa Berg, Bernard Cadoux, de Lyon, auteur de Ecriture de la psychose, Aubier, 1999, Eva Thomas, auteur de Le viol du silence, Aubier, 1986 et Jean Moulin, compagnon d’Elsa Berg.

Elsa BERG, originaire du Dauphiné, a vécu à Romans et dans la région de Valence et a été publiée, en 1981, par les éditions Syros pour un roman largement autobiographique, mais ses œuvres principales n’ont pas pu trouver d’éditeurs. Ce n’est qu’après sa mort tragique, survenue en 1990, que Poupée de sang a été édité, en 1991, à Grenoble, par l’Association SOS inceste, pour revivre.



30 octobre 2004 Didier Sicard
Réflexions sur le progrès en médecine

Le texte que nous mettons en ligne aujourd'hui a paru en juillet 2004 dans la revue Médecine et Hygiène, 78, Av. de la Roseraie, CH- 1205 Genève. Il est tiré d'une conférence que le professeur D. Sicard avait prononcée le 20 mars 2004 à la Chaux-de-Fonds en l'honneur du professeur Denis Müller lors de la remise du prix que lui a décerné l'institut neuchâtelois.



14 octobre 2004 Daniel Schulthess
Les obstacles à l’acceptation de normes nouvelles : l’apport du Principe responsabilité à une éthique de l’environnement

L’auteur considère que les rapports troublés que nous entretenons avec notre environnement naturel n’ont pas suscité jusqu’ici une réponse appropriée dans le domaine de l’éthique et surtout dans les conduites individuelles. Il se demande si l’ouvrage célèbre de Hans Jonas Le Principe responsabilité apporte à cet égard une contribution décisive. Pour différentes raisons structurelles, faciles à comprendre, il conclut négativement.



30 septembre 2004 Une humorale par
Michel Cornu
Bush en Helvétie



20 septembre 2004 Denis Müller
Bien commun, conflits d'intérêts et délibération éthique

Si La notion de Bien commun paraît de prime abord trop ambitieuse, trompeuse en ses promesses excessives et inaccessibles, elle est néanmoins nécessaire au débat éthique dans l’espace public contemporain. Dans cette contribution, nous voudrions montrer comment une compréhension critique de la notion controversée de Bien commun peut s’avérer compatible avec une prise en compte réaliste et responsable des conflits d’intérêts et de la délibération éthique. L’exemple du débat français sur la laïcité permet à cet égard de comprendre la nécessité de dépasser l’opposition stérile entre un communautarisme poussé à l’extrême et un universalisme vidé de sa pertinence historique et dialectique.



12 septembre 2004 Bibliothèque
Hugues Poltier
À propos de Michel Cornu, Parole brisée, Genève, éd. du Tricorne, 2004

Ouvrage paradoxal de part en part : tout entier né de la souffrance, de l’expérience de la souffrance comme expérience profondément singulière, à chaque fois unique et pourtant universelle – en ce sens que je « sais » que l’autre souffre aussi même si je n’ai nul accès à l’expérience de sa souffrance – , il est en même temps pétri de philosophie, de pensée. Répudiée pour son incapacité à dire la souffrance, la philosophie est, simultanément, posée comme la forme de discours la mieux à même d’établir la distance juste à l’événement de la souffrance, d’échapper à sa puissance de captation.



5 septembre 2004 Dominique Martin, Jean-Luc Metzger et Philippe Pierre
Globalization, american domination and “new globalitarian” myth

Nous vous présentons pour la première fois un texte en anglais, dont la traduction française n'existe pas pour l'instant, mais qui nous paraît suffisamment important pour que nous le publiions en l'état.

Vous trouverez ci-dessous un résumé explicite de ce texte en français :

Cet article vise à offrir une perspective à la fois historique et sociologique du phénomène appelé "mondialisation", en insistant sur le rôle joué par les Etats-Unis. Il cherche à cerner ce que nous nommons un nouvel imaginaire "globalitaire", partagé par une classe possédante et qui met l'accent sur un homme "neuf" qui, prémuni du chauvinisme, bondissant par dessus les frontières, serait en train de naître dans les mégalopoles planétaires. Profitant des possibilités offertes par une nouvelle « ubiquité technologique » (téléphones portables, liaisons satellites, messageries...), et ainsi de l'étrange jubilation que procure le fait de n'être avec personne tout en étant avec n'importe qui, d'être en communication sans être nécessairement en face-à-face, l'homme de cette mondialisation apparaît relié et mobile. Il exalte le libre-profit, la généralisation des normes de rentabilité dans tous les secteurs de la vie civile et le présent plutôt que les trésors du passé. A mesure que cet imaginaire d'inspiration néo-libérale se diffuse se renforce un questionnement sur le sens de nos sociétés. Nous risquons de survivre en tant que consommateurs mais existerons-nous encore en tant que citoyens ?

La mondialisation que nous vivons aujourd'hui est bien réelle, mais elle n'est ni nouvelle, ni avérée, ni « naturelle ». Et surtout, elle produit plus d'écarts que d'homogénéité. Le marché n'est malheureusement pas en passe d'abolir les inégalités. Son développement erratique les renforce. Tel est le sens général de la section I de cet article.

La fin de la seconde guerre mondiale a vu la montée en puissance des Etats nations et l'entrée dans une ère de « souverainetés limitées », qui ne prendra fin qu'avec l'épisode de la guerre froide. Blocs idéologiques et militaires se faisaient face et aussi concurrence féroce. A cette époque, un des paradoxes de la géographie des conflits politiques tenait en ces mots : si la nation était trop petite pour exercer seule son autorité sur la scène mondiale, elle était aussi d'une certaine manière trop grande pour permettre à toutes les communautés qui la composaient d'exprimer leur identité collective, un droit à l'auto-détermination linguistique ou religieuse, par exemple. L'Etat conservait souvent le monopole de la violence légitime à l'intérieur de son territoire, mais ne pouvait le conserver sans tisser des réseaux de coopération internationale.

Trente ou quarante années plus tard, E. Morin souligne que la société-monde en construction inclut une économie à laquelle il manque les contraintes d'une société organisée (lois, droits, contrôle), tandis que les instances supranationales apparaissent encore inaptes à assurer les régulations nécessaires . Il manquerait, d'une part, une conscience d'appartenir à la Terre-Patrie et d'autre part, une armée et une police internationale. Bref, reconnaît E. Morin, nous aurions les infrastructures et non les superstructures .

Nous verrons que le niveau de la nation, qui a longtemps été objet de mythification, conserve un rôle majeur même si sur la nouvelle scène mondiale, les réalités stratégiques sont tantôt aterritoriales, tantôt soumises à la concurrence de plusieurs logiques territoriales contradictoires et, de plus en plus rarement, simplement stato-nationales. Le ressort de la puissance des Etats se modifie et la violence prend des visages qui débouchent sur une nouvelle appréhension des conflits.

En section II de cet article, nous verrons que la mondialisation souligne les difficultés pour les Etats « attaqués » qui se regroupent de façon institutionnalisée pour former des cartels politiques (comme le « cartel de Bruxelles »), entraide leur assurant collectivement une certaine souveraineté face au nouveau désordre mondial. Dit autrement, les Etats-nations se répartissent les profits d'une telle solidarité, cherchent à persister, non à se dissoudre, en formant des regroupements dits régionaux. Symétriquement, les grandes institutions internationales sont bien dans des processus d'autonomisation. Objets également de mythification, leur pouvoir est cependant limité.

En section III, nous nous interrogerons sur le niveau de conscience nécessaire pour édifier une société-monde. La mondialisation amène à dépasser une théorie des relations internationales qui aurait pour seul objet les relations entre Etats. Y a t'il hégémonie d'une nation, les Etats-Unis, alors qu'on a pu croire que son déclin économique allait entraîner un déclin politique ?



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