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Articles de mars à décembre 2005



16 décembre 2005 Gérald Berthoud
L'univers du don

Le don, comme idée et comme pratique se rapporte à un phénomène apparemment évident. N’exprime-t-il pas ce qui est gratuit, c’est-à-dire ce qui est offert pour rien, ou encore ce qui est abandonné sans rien recevoir en retour ? L’idée de gratuité se retrouve dans diverses expressions pour traduire le rapport à la nature ou à une forme ou l’autre de transcendance. Telles sont les idées des dons de la nature, ou de la grâce divine.



10 décembre 2005 Christophe Gallaz
Le dessin contre la mort

Le mot « dessin » se promène dans la langue française au gré d’acceptions multiples. Il désigne une représentation d’objets visibles ou non, à l’aide de moyens graphiques, sur une surface donnée. Il désigne aussi n’importe quelle œuvre d’art formée d’un ensemble de signes. Il désigne encore une façon d’organiser des tracés sur un support - à moins qu’il évoque un style. Ou la structure esthétique d’une tapisserie. Ou la disposition des ornements sur certains objets fabriqués. Ou le canevas d’un ouvrage, y compris littéraire. Ou l’allure générale d’une phrase musicale, voire d’une chorégraphie.



10 décembre 2005 Daniel Pruss
Silence

Dans un monde où le bruit est la règle et le silence l’exception, nous ne savons plus au fond ce que représente le premier, ni ce que signifie le second. Et pourtant nous sentons que nous avons besoin de l’un comme de l’autre. Le bruit et le silence sont étroitement liés, et le silence signifie à travers les bruits et les sons autant que les bruits et les sons signifient eux-mêmes.



27 novembre 2005 Denis Müller
Critique de la raison sourde ?
Lettre à un ami de l’autre bord


« La pensée sans thèse, c'est renoncer à avoir raison, à vaincre les autres, à gagner le procès.
La pensée sans thème c'est renoncer à ce que la pensée ait un contenu qu'on puisse de quelque façon saisir.
La pensée sans mode, c'est renoncer à ce que la pensée ait son lieu et pouvoir sur elle-même »
(Maurice Bellet, Critique de la raison sourde, p. 160-161).

« L'ennemi numéro 1 de la philosophie n'est pas, comme on le croit, la subjectivité de l'homme mais au contraire l'autisme de la raison »
(Pierre Thévenaz, La critique de la raison philosophique, p. 94).



20 novembre 2005 Michel Cornu
D'un goût certain pour le suicide collectif

Dans un texte remarquable, Nous pouvons dire adieu à notre mode de vie (voir des extraits de ces pages dans Courrier international, N°784, p.193), l'écrivain américain, James Howard Kunstler, pose quelques constats que, pour l'ordinaire, nous préférons ne pas considérer, le déni étant devenu un masque du désespoir, seule respiration de nos sociétés à bout de souffle: aux démocraties moribondes, où le citoyen a laissé place nette à l'actionnaire et au consommateur, d'où le développement de sociétés ploutocratiques et populistes, répond, tout aussi désespéré et désespérant, un fanatisme religieux mortifère.



13 novembre 2005 François Chirpaz
L’expérience du sacré selon Mircea Eliade

Il est regrettable que nous ne disposions pas d’un terme plus précis que « religion » pour exprimer l’expé-rience du sacré. [...] [Toutefois] «religion» peut encore être un terme utile, pourvu qu’on se rappelle qu’il n’implique pas nécessairement une croyance en Dieu, en des dieux ou en des esprits, mais se réfère à l’expérience du sacré et, par conséquent, est lié aux idées d’être, de signification et de vérité. [...]

La conscience d’un monde réel et significatif est inti­mement liée à la découverte du sacré. Par l’expérience du sacré, l’esprit humain a saisi la différence entre ce qui se révèle comme étant réel, puissant, riche et significatif, et ce qui est dépourvu de ces qualités, c’est-à-dire le flux chaotique et dangereux des choses, leurs apparitions et disparitions fortuites et vides de sens.


(La nostalgie des origines, p. 7-8)



13 novembre 2005 Bibliothèque
Nous vous signalons un nouvel ouvrage de Denis Müller :
Karl Barth, Editions du Cerf, Octobre 2005, 378 pages

Karl Barth (1886-1968) est sans nul doute l’un des géants de la théologie chrétienne du XXe siècle, toutes confessions confondues. A l’instar de ses plus prestigieux modèles – un saint Augustin, un Luther notamment – c’est dans le corps à corps avec les Ecritures saintes, singulièrement avec l’épître de Paul aux Romains, qu’il s’est forgé une conception originale de la pensée chrétienne et qu’il a bouleversé de fond en comble la situation religieuse et théologique de son temps.



6 novembre 2005 Michel Cornu
La Souffrance en excès

"Je veux essayer de montrer qu'il n'y a pas de savoir de la souffrance, mais qu'il y a une pensée sans fin, sans conclusion sur et de la souffrance […] L'irruption de la souffrance ne sonne pas le glas de la raison, mais d'une certaine acception de l'activité rationnelle.
"Le texte qu'on peut lire est une reprise d'une conférence donnée vendredi 4 novembre 2005 à Sion (Valais), dans le cadre du deuxième colloque franco-suisse, "Vers un milieu de vie sans douleur".



6 novembre 2005 Bibliothèque
Nous vous signalons un nouvel ouvrage de Marc Faessler :
En découvrant la Transcendance avec Lévinas, Cahiers de la revue de théologie et de philosophie, N°22,  Genève Lausanne Neuchâtel, 2005.



31 octobre 2005 Pierre-Marie Pouget
"Etre un dialogue"

Devenir « je » en disant « tu », n’est-ce point l’aimantation du dialogue, qui le situe à jamais hors des joutes verbales, destinées à l’emporter sur autrui, qui l’éloigne radicalement des procédés d’une rhétorique démagogique ? Entre deux personnes ou davantage, il se déploie selon qu’il donne la parole à chaque participant.



23 octobre 2005 Morgan Gaulin
Henri Heine, critique du luthérianisme en France

Né le 13 décembre de l’an 1797 à Düsseldorf dans une famille juive peu fortunée, le poète, écrivain et intellectuel Harry Heine fréquenta le lycée français dès 1807 et se familiarisa avec les lettres françaises. Après des études de commerce à Francfort, de droit à Bonn, à Göttingen puis à Berlin, il obtint le titre de docteur en droit. En 1825, il se convertit au protestantisme et prit le nom de Christian Johann Heinrich Heine. Il quitta son Allemagne natale pour Paris le 1er mai 1831 après avoir publié quelques poèmes. À partir de 1833, il fit paraître des articles sur son pays d’origine dans la Revue des deux mondes.



9 octobre 2005 Denis Müller
Le football comme religion populaire et comme culture mondialisée

« Les hommes, ayant perdu le paradis, se mirent à courir après une balle. »
- Citation apocryphe de Blaise Pascal



25 septembre 2005 Christophe Gallaz
Plus il y aura de cul, moins on reconnaîtra les visages

L'usage francophone actuel retient deux acceptions principales de la lettre X: celle qui qualifie le cinéma pornographique et celle qui désigne la notion d'anonymat ou de confidentialité. On prohibe l'accès des adolescents aux films X et l'on porte plainte contre X.



16 septembre 2005 Véronique Hervouët
Liberté, Libéralisme, Libertarisme
Les dessous d’un concept à géométrie variable

Quand le libéralisme économique et financier étend son emprise sur l’espace mondial et que se confirment ses effets délétères sur le lien social, il ne paraît pas superflu d’interroger le concept de liberté dont il se réclame comme d’une valeur incontournable. Chacun sait que la liberté prend une tournure négative quand elle entrave celle de l’autre... passée certaine limite, se rencontre son versant sadien. Serait-ce celui sur lequel prospère le néolibéralisme ?



11 septembre 2005 Pierre-Marie Pouget
Une philosophie sous l’arbitrage du fait

J’ai eu l’intention d’écrire un triptyque philosophique autour de l’arbitrage du fait. Il en est sorti, aux éditions du Madrier à Pailly, Le verdict du fait – une promesse de liberté, et Les ambitions légitimes de la philosophie – le critère de l’idoine.



29 août 2005 Valérie Piguet
Les douleurs chroniques : entendre la complexité

Les douleurs chroniques sont un sujet très vaste qui peut être abordé sous divers angles. Loin d’être de « simples » symptômes signalant un dysfonctionnement d’organe, les douleurs chroniques sont un phénomène très complexe qui par leur irruption ébranle la personne non seulement dans son physique et sa psyché, mais également dans sa relation à soi-même, aux autres, au monde voire dans ses convictions les plus personnelles.



2 juillet 2005 François Chirpaz
La phénoménologie comme « point de vue »

Dans l’œuvre de Husserl la phéno­ménologie est d’abord et avant tout l’effort pour restituer à elle-même l’en­treprise de la philosophie en l’arrachant au destin qui lui est assigné par la culture allemande de la seconde moitié du XIXe siècle. Là, elle ne se voit recon­naître que le simple destin de Weltanschauung, de simple représentation du monde et de l’homme dans le monde. Mais alors la pensée n’est que le reflet de chacune de ces représentations qui se succèdent selon les moments et les lieux de l’histoire des hommes.



26 juin 2005 Hugues Poltier
« Le cauchemar de Darwin » hante-t-il les rêves de Frère Nemo ?

Réaction au texte « Quatre thèses au sujet des rapports entre Libéralisme et christianisme » de Philippe Nemo, paru sur Contrepoint les 16 et 24 avril 2005.



19 juin 2005 Bernard Baertschi
De la bioéthique à la neuroéthique

Le XXe siècle a vu la naissance de la bioéthique, et à peine le XXIe est-il commencé qu’on voit fleurir le terme de «neuroéthique». À chaque siècle son éthique ? Ou plutôt: à chaque siècle un nouveau chapitre de l’éthique ?



29 mai 2005 Christophe Gallaz
Villes, solitude et compagnie

La ville est un amoncellement. C'est un sédiment. Dans la ville il y a des traces et des fragments d'expériences accomplies par les humains depuis le fond des âges. C'est un empilement sans signatures forcément connues ou certifiées de désirs, de craintes, de besoins, d'actes réussis ou ratés, de songes tranquilles ou désespérés, et d'étirements vers l'absolu. C'est un récit dont nous pouvons conjecturer le déroulement en filigrane de toute ville, Tokyo, Londres, Paris, Genève ou Lausanne. Et ce récit s'ordonne en deux pans opposés autour d'un seul axe - qui est celui du sentiment de solitude.



23 mai 2005 Michel Cornu
Temps et musique

Le texte de Michel Cornu que nous mettons en ligne a été présenté lors d'un séminaire pluridisciplinaire sur le temps.
Le temps est au centre de chacune des manifestations de la musique qui, elle-même, plus qu'un art dans le temps, est un art du temps. Ou, pour le dire avec Schelling, «La musique n'est pas dans le temps, mais c'est le temps qui est dans la musique.»



16 mai 2005 André Sauge
Etre cultivé

Jeudi 18 novembre 2004, à la faculté des lettres, jardin des Bastions, Mme … et M. André Hurst présentaient devant un auditoire composé des membres d’une association hellénique, Alexandra, texte de plus de 1400 vers, composé par un auteur nommé Lycophron. Le poème est célèbre, du moins parmi les personnes « cultivées », en raison même de son obscurité. L’argument en est simple, pourtant : un serviteur rapporte au roi Priam les « prophéties » de sa fille Cassandre. Cela permet à Lycophron de parcourir, en adoptant la forme de l’énigme et de la devinette, l’ensemble des mythes grecs et les principaux épisodes de l’histoire qui a opposé « Hellènes et Barbares » (les Perses notamment) jusqu’à l’époque de la composition du poème, soit le second quart du 3e siècle avant J.-C..



16 mai 2005 Bibliothèque
Jean-Paul Sauzet nous signale son dernier livre :
La personne en fin de vie

édit. L'harmattan, Paris, 2005. 150p, 14e.



30 avril 2005 François Chirpaz
La religion naturelle

Les temps sont désormais révolus des controverses autour du déisme ou religion naturelle mais non pas leurs conséquences, si fortes ont été, tout au long du XVIII° siècle, les polémiques qui ont marqué le christianisme, au point de le faire se méprendre sur lui-même et sur son propre esprit. Jusqu’à une date récente, bien avant les diverses manifestations contemporaines du « retour du religieux », les débats majeurs qui ont occupé tant d’esprits au long du XX° siècle avaient leur source dans les œuvres du XIX° qui ont visé à la disqualification du religieux comme tel. Ainsi, les œuvres de Feuerbach, de Marx, de Nietzsche et de Freud, pour ne retenir que les plus grands noms. Et pourtant il n’est pas sans intérêt de revisiter la controverse au sujet de la religion naturelle, ne serait-ce que pour prendre la mesure du gauchissement qu’elle a imposé dans la compréhension de soi et dans la présentation du christianisme, lors même qu’il voulait se défendre contre les attaques des tenants de cette religion.



24 avril 2005 Une humorale par
André Depeursinge
America, America !



24 avril 2005 Bibliothèque
Nous vous annonçons un nouveau livre de
Bernard Baertschi

Enquête sur la dignité
L’anthropologie philosophique et l’éthique des biotechnologies




24 avril 2005 Philippe Nemo
Libéralisme et christianisme (2ème partie)



16 avril 2005 Philippe Nemo
Libéralisme et christianisme (1ère partie)

Ayant longuement travaillé sur l’histoire des idées politiques en Occident, j’ai  acquis la conviction non seulement que le libéralisme est compatible avec le christianisme, mais qu’il est directement ou indirectement jailli de ce dernier. Je pense que c’est la Révélation biblique qui a produit peu à peu, dans le monde méditerranéen et européen, les profondes transformations socio-politiques qui devaient finalement aboutir aux démocraties libérales modernes.



2 avril 2005 Michel Cornu
Jalons philosophiques sur le temps

David Banon
Le temps dans le judaïsme

Les deux textes qu'on peut lire, ont été présentés les 7 et 8 mars derniers, à Genève, dans le cadre d'un séminaire pluridisciplinaire sur le temps, proposé aux enseignants secondaires dans le programme des  séminaires de formation continue.

Le texte de Michel Cornu servait d'introduction générale à la notion de temps dans la philosophie occidentale. On y trouvera deux des grands axes sur lesquels s'organise cette notions et, dans la dernière partie, quelques remarques plus originales sur Kierkegaard qui, selon l'auteur, permet, à travers les catégories d'instant, d'événement, de répétition, d'ouvrir à une pensée de l'incarnation.

Quant au texte de David Banon, il apporte une réflexion aussi originale que substantielle à la conception judaïque du temps.

Dans une prochaine mise à jour, sera encore mis en ligne un autre texte sur le temps: temps et musique de Michel Cornu.



30 mars 2005 Christophe Gallaz
Un monde de profil(s)

Lorsque nous entreprenons d'analyser le fonctionnement de nos sociétés ambiantes, allons-y subrepticement. Méditons le vocabulaire qui s'y pratique au quotidien. Les promoteurs de l'économie moderne, par exemple, ne sont pas que des stratèges ou des comptables au service empressé de leur actionnariat. Ils produisent du verbe. Et furieusement. Tenez : le mot "profil". Ils l'ont érigé, en quelques années, au rang de nos vocables les plus tenaces.



30 mars 2005 Correspondance entre Gildas Richard et Roberto Andorno,
A propos de l'article La notion de dignité humaine est-elle superflue en bioéthique ?,
paru le 19 mars 2005 sur le site Contrepoint Philosophique.



19 mars 2005 Roberto Andorno
La notion de dignité humaine est-elle superflue en bioéthique ?

Devons-nous nous débarrasser définitivement de cette idée apparemment trop vague et n’utiliser que celle, plus concrète, de « respect » ? Telle est la thèse de la bioéthicienne américaine Ruth Macklin. En guise de réplique, M. Andorno soutient que la notion de dignité humaine, loin d’être inutile, joue un rôle fondamental dans la pratique médicale, car elle donne un sens à l’exigence de respect des personnes.



13 mars 2005 Une humorale par
Bertrand Kiefer
Clonage : cafouillage mondial



13 mars 2005 Estrée, Fondation Ropraz vous invite à un concert-dialogue de

Pierre El-Doueihi, pianiste
Michel Cornu, philosophe


Musique, philosophie du temps... et de J.S. Bach



13 mars 2005 L'association Diderot nous fait part de ses séminaires :

Séminaire du Centre Georges Canguilhem

Mardi 15 mars : Jean-Jacques Szczeciniarz
Mardi 29 mars : Pascal Nouvel
Mardi 5 avril : Guillaume Le Blanc
Mardi 19 avril : Céline Lefève
Mardi 10 mai : Sandra Laugier
Mardi 17 mai : Monique David-Ménard
Mardi 24 mai : Allan Janik
Mardi 31 mai : Dominique Lecourt


Renseignements : Centre Georges Canguilhem,
Université Paris 7 Denis Diderot,
Case 7041, 2, place Jussieu, 75005 – Paris. Tél/Fax : 01 44 27 63 78
www.centrecanguilhem.net



6 mars 2005 Philippe Nemo
Les philosophes et la musique

Existe-t-il une philosophie de la musique ? On peut en douter, car si beaucoup de philosophes ont parlé de l’art et plus précisément de la musique, rares sont ceux qui ont véritablement touché au but. Souvent, dans leurs écrits, la musique est moins analysée pour elle-même que pour la place qu’elle est censée occuper dans le « système » du philosophe, qui a des préoccupations beaucoup plus larges et qualitativement autres – l’être, l’existence, le Bien, la Raison, l’Histoire... De sorte que les questions brûlantes pour tout véritable musicien : « Qu’est-ce que la musique ? Que nous dit-elle ? Quelle expérience spirituelle unique nous procure-t-elle ? » y sont souvent perdues de vue, repoussées à l’arrière-plan sous un fatras de considérations plus ou moins étrangères. Nous allons vérifier ce fait en survolant un certain nombre de « grands » systèmes philosophiques où la musique est analysée ou mentionnée.



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