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| Articles de décembre 2004 à février 2005 | |||
| 26 février 2005 | Michel Cornu L'existant est plus que la Vie Ce texte a d'abord paru dans le Bulletin du centre protestant d'études, juin 2002. Dans son Avant-Propos, Marc Faessler écrivait notamment: "Seul un vrai philosophe, attentif aux contradictions de notre modernité, pouvait tenir ce langage tranchant et vif -ce langage de dissidence et de résistance- mettant en question les implicites d'une civilisation éclatée où tant de nos comportements quotidiens se vivent sourdement détachés de tout projet de sens […] Il a pris le risque de renouer avec la tâche de la pensée: ouvrir l'horizon à ce qui échappe au maîtrisable et porter à nouveaux frais un questionnement gratuit sur le monde[…] |
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| 20 février 2005 | Bibliothèque François Félix Le gai savoir de Lucien Jerphagnon Lucien Jerphagnon ferait mentir Nietzsche : la « bête à cornes » ne serait pas la fatalité de l’érudition… En tout cas, son dernier ouvrage en fait un recueil rassemblant dix-neuf études consacrées au monde antique qui lui est si cher ne dément pas ce à quoi se sont familiarisés ses lecteurs depuis de longues années, et qui vaut à son œuvre le succès qu’elle rencontre : le bonheur philosophique de l’information fine, du contexte minutieusement reconstitué, de la nuance exacte. Un bonheur où se rencontrent la satisfaction des intentions élucidées comme le plaisir de voir pris en défaut telle habitude de lecture, telle interprétation surdéterminée, tel cliché tenace : il y a de l’archéologue aussi bien que du démineur chez Jerphagnon. |
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| 6 février 2005 | Denis Müller Asile : les Eglises ne doivent pas servir de bonne conscience au Conseil d'Etat A propos de la décision de renvoi de Suisse de 523 requérants d'asile. Repères : - Eté 2004 : 523 requérants déboutés sont priés de quitter la Suisse. Certains dossiers sont réexaminés. - 24 août 2004 : Une majorité de députés sont contre les renvois. - Septembre 2004 : 15 000 Vaudois signent une pétition contre les renvois forcés prévus par le Conseil d’Etat. - Décembre 2004 : L’Eglise réformée appelle à la désobéissance civile. - 23 janvier 2005 : le Conseil d’Etat annonce le maintien des renvois, mais renonce aux mesures de contraintes pour les familles, les femmes seules et les victimes de Srebrenica. |
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| 30 janvier 2005 | Pierre-Marie Pouget A chacun son cerveau ! Tel est le titre d’un ouvrage (Odile Jacob, décembre 2004, 265 p.) écrit conjointement par le psychanalyste François Ansermet et le neurobiologiste Pierre Magistretti. Dans les lignes qui vont suivre, nous laissons entrer le propos de ce livre en résonance avec nos réflexions sur le lien de l’âme et du corps. Puisse cette résonance en susciter d’autres ! |
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| 25 janvier 2005 | Christophe Gallaz Les enfants, icônes et martyrs de l'effroi collectif La violence faite de façon croissante par les adultes aux enfants, et dont l'affaire Dutroux ne fut qu'un signe parmi d'autres, s'inscrit sous le signe d'un paradoxe assez parfait pour être durablement irréductible: jamais l'industrie de la communication ne fut si florissante et jamais le langage lui-même ne fut si vide et si désert, la notion d'altérité si trompeuse et globalement commercialisée sur les marchés de la politique et des médias, les comportements de solidarité si spéculatifs et si massivement rentabilisés sur le mode publicitaire, les gestes de fraternité si distants de l'échange affectif véridique, de ses pouvoirs consolateurs et de ses tressaillements. |
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| 16 janvier 2005 | André Sauge Moralité et injonction paradoxale A propos de L’Origine de la connaissance morale suivi de La Doctrine du jugement correct, de Franz Brentano, Gallimard, Paris, 2003 (traduits de Vom Ursprung sittlicher Erkenntnis et de Die Lehre vom richtigen Urteil). Seule L’Origine est prise en considération dans ce qui suit. On voudra bien me pardonner de me rapporter librement, sans citer et sans donner de références, à Kant, Hegel et Scheler. Il y a, à Genève, des jeunes dits « identitaires » qui se réclament du catholicisme (via Ecône). Il est regrettable que l’Eglise Catholique notamment, les Eglises chrétiennes, de manière générale, ne dénoncent pas avec force et vigueur, inlassablement, la malversation intellectuelle et spirituelle de ces groupes « identitaires ». Il est vrai que l’idéologie d’un Blocher devrait être démontée avec la même vigueur aux yeux des populations qui prétendent avoir encore un lien avec le christianisme. Le malheur d’un texte comme l’évangile de Luc est d’être asservi à la religion et par la religion : quant à moi, je pense qu’il vaudrait la peine de lui restituer la franchise de sa parole. |
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| 25 décembre 2004 | Jean-Pierre Fragnière Les insomnies des cols blancs Les cols blancs pâlissent. Sous le fouet des restructurations et des « agents qualité » leur vie se découpe en une plage de super-responsabilité et l’insomnie habitée par l’angoisse. Pas très bon pour les économies dans le secteur de la santé. Pas très bon pour le bonheur tout court. |
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| 19 décembre 2004 | Pierre-Marie Pouget Le noeud du monde Cette expression de nœud du monde a été forgée par Schopenhauer. Elle signifie les liens secrets entre le cerveau et l’esprit. La tradition philosophique parlait de l’union de l’âme et du corps. Dans un article de mai 2000, publié dans les Cahiers de l’Institut de la Méthode, nous présentons quelques moments-clés de la problématique de l’âme et du corps. |
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| 12 décembre 2004 | André Sauge La littérature impossible 3ème et dernière partie : Une âme à naître |
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| 12 décembre 2004 | Une humorale par Michel Cornu Un verre d'eau peut en cacher un autre |
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| 12 décembre 2004 | Bibliothèque On nous annonce un nouveau livre de Jean-Marie Legay et Anne-Françoise Schmid : Philosophie de l’interdisciplinarité Correspondance (1999-2004) sur la recherche scientifique, la modélisation et les objets complexes |
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| 5 décembre 2004 | Christophe Gallaz Thèses sur la culture et les arts plastiques Extraits : La culture idéale est verticale. C'est un axe nous permettant de lier notre expérience quotidienne aux références des arts, et de rejoindre par le haut ce qui transcende ces arts: nos tremblements face à l'Autre, notre terreur de la mort, notre ignorance de l'éternité. Et c'est une expérience: quand je regarde un film de Jean-Luc Godard, je me mets en situation d'être transformé par son art du montage, qui lui permet de lier les bribes éclatées de son discours, au point de fortifier mes propres moyens de lier les miettes de mon destin. La culture actuelle est horizontale. C'est un flux constant de références artistiques et de cotes séculières qui défilent sur les circuits de notre agenda personnel, des mémentos publiés dans la presse et de la rumeur mondaine. |
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| 28 novembre 2004 | André Sauge La littérature impossible 2ème partie : Le récit trahit le projet (Ce texte est publié en 3 parties.) |
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| 21 novembre 2004 | Brooks La Chance Maurice Bellet, ou la déception surmontée J’écris. J’écris comme au milieu du feu, parce que ce que j’ose aborder, c’est l’intouchable. Je vais écrire jusqu’au bout. Je n’entrevois qu’à travers la brume- à travers un nuage de nuit, en vérité- ce vers quoi je vais, et dont j’espère apercevoir quelque clarté. Inhabituelles de la part d’un homme qui se dit philosophe, ces premières lignes de L’amour déchiré (2000). Insolite, cet aveu d’ignorance portant sur le sens, la direction du discours. Rebutant, peut-être, le lecteur soucieux d’arriver à destination, plutôt que cheminer dans un compagnonnage qui se veut fraternel... |
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| 10 novembre 2004 |
André Sauge
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| 30 octobre 2004 | Didier Sicard Réflexions sur le progrès en médecine Le texte que nous mettons en ligne aujourd'hui a paru en juillet 2004 dans la revue Médecine et Hygiène, 78, Av. de la Roseraie, CH- 1205 Genève. Il est tiré d'une conférence que le professeur D. Sicard avait prononcée le 20 mars 2004 à la Chaux-de-Fonds en l'honneur du professeur Denis Müller lors de la remise du prix que lui a décerné l'institut neuchâtelois. |
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| 14 octobre 2004 | Daniel Schulthess Les obstacles à l’acceptation de normes nouvelles : l’apport du Principe responsabilité à une éthique de l’environnement L’auteur considère que les rapports troublés que nous entretenons avec notre environnement naturel n’ont pas suscité jusqu’ici une réponse appropriée dans le domaine de l’éthique et surtout dans les conduites individuelles. Il se demande si l’ouvrage célèbre de Hans Jonas Le Principe responsabilité apporte à cet égard une contribution décisive. Pour différentes raisons structurelles, faciles à comprendre, il conclut négativement. |
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| 30 septembre 2004 | Une humorale par Michel Cornu Bush en Helvétie |
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| 20 septembre 2004 | Denis Müller Bien commun, conflits d'intérêts et délibération éthique Si La notion de Bien commun paraît de prime abord trop ambitieuse, trompeuse en ses promesses excessives et inaccessibles, elle est néanmoins nécessaire au débat éthique dans l’espace public contemporain. Dans cette contribution, nous voudrions montrer comment une compréhension critique de la notion controversée de Bien commun peut s’avérer compatible avec une prise en compte réaliste et responsable des conflits d’intérêts et de la délibération éthique. L’exemple du débat français sur la laïcité permet à cet égard de comprendre la nécessité de dépasser l’opposition stérile entre un communautarisme poussé à l’extrême et un universalisme vidé de sa pertinence historique et dialectique. |
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| 12 septembre 2004 | Bibliothèque Hugues Poltier À propos de Michel Cornu, Parole brisée, Genève, éd. du Tricorne, 2004 Ouvrage paradoxal de part en part : tout entier né de la souffrance, de l’expérience de la souffrance comme expérience profondément singulière, à chaque fois unique et pourtant universelle en ce sens que je « sais » que l’autre souffre aussi même si je n’ai nul accès à l’expérience de sa souffrance , il est en même temps pétri de philosophie, de pensée. Répudiée pour son incapacité à dire la souffrance, la philosophie est, simultanément, posée comme la forme de discours la mieux à même d’établir la distance juste à l’événement de la souffrance, d’échapper à sa puissance de captation. |
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| 5 septembre 2004 | Dominique Martin, Jean-Luc Metzger et Philippe Pierre Globalization, american domination and “new globalitarian” myth Nous vous présentons pour la première fois un texte en anglais, dont la traduction française n'existe pas pour l'instant, mais qui nous paraît suffisamment important pour que nous le publiions en l'état. Vous trouverez ci-dessous un résumé explicite de ce texte en français : Cet article vise à offrir une perspective à la fois historique et sociologique du phénomène appelé "mondialisation", en insistant sur le rôle joué par les Etats-Unis. Il cherche à cerner ce que nous nommons un nouvel imaginaire "globalitaire", partagé par une classe possédante et qui met l'accent sur un homme "neuf" qui, prémuni du chauvinisme, bondissant par dessus les frontières, serait en train de naître dans les mégalopoles planétaires. Profitant des possibilités offertes par une nouvelle « ubiquité technologique » (téléphones portables, liaisons satellites, messageries...), et ainsi de l'étrange jubilation que procure le fait de n'être avec personne tout en étant avec n'importe qui, d'être en communication sans être nécessairement en face-à-face, l'homme de cette mondialisation apparaît relié et mobile. Il exalte le libre-profit, la généralisation des normes de rentabilité dans tous les secteurs de la vie civile et le présent plutôt que les trésors du passé. A mesure que cet imaginaire d'inspiration néo-libérale se diffuse se renforce un questionnement sur le sens de nos sociétés. Nous risquons de survivre en tant que consommateurs mais existerons-nous encore en tant que citoyens ? La mondialisation que nous vivons aujourd'hui est bien réelle, mais elle n'est ni nouvelle, ni avérée, ni « naturelle ». Et surtout, elle produit plus d'écarts que d'homogénéité. Le marché n'est malheureusement pas en passe d'abolir les inégalités. Son développement erratique les renforce. Tel est le sens général de la section I de cet article. La fin de la seconde guerre mondiale a vu la montée en puissance des Etats nations et l'entrée dans une ère de « souverainetés limitées », qui ne prendra fin qu'avec l'épisode de la guerre froide. Blocs idéologiques et militaires se faisaient face et aussi concurrence féroce. A cette époque, un des paradoxes de la géographie des conflits politiques tenait en ces mots : si la nation était trop petite pour exercer seule son autorité sur la scène mondiale, elle était aussi d'une certaine manière trop grande pour permettre à toutes les communautés qui la composaient d'exprimer leur identité collective, un droit à l'auto-détermination linguistique ou religieuse, par exemple. L'Etat conservait souvent le monopole de la violence légitime à l'intérieur de son territoire, mais ne pouvait le conserver sans tisser des réseaux de coopération internationale. Trente ou quarante années plus tard, E. Morin souligne que la société-monde en construction inclut une économie à laquelle il manque les contraintes d'une société organisée (lois, droits, contrôle), tandis que les instances supranationales apparaissent encore inaptes à assurer les régulations nécessaires . Il manquerait, d'une part, une conscience d'appartenir à la Terre-Patrie et d'autre part, une armée et une police internationale. Bref, reconnaît E. Morin, nous aurions les infrastructures et non les superstructures . Nous verrons que le niveau de la nation, qui a longtemps été objet de mythification, conserve un rôle majeur même si sur la nouvelle scène mondiale, les réalités stratégiques sont tantôt aterritoriales, tantôt soumises à la concurrence de plusieurs logiques territoriales contradictoires et, de plus en plus rarement, simplement stato-nationales. Le ressort de la puissance des Etats se modifie et la violence prend des visages qui débouchent sur une nouvelle appréhension des conflits. En section II de cet article, nous verrons que la mondialisation souligne les difficultés pour les Etats « attaqués » qui se regroupent de façon institutionnalisée pour former des cartels politiques (comme le « cartel de Bruxelles »), entraide leur assurant collectivement une certaine souveraineté face au nouveau désordre mondial. Dit autrement, les Etats-nations se répartissent les profits d'une telle solidarité, cherchent à persister, non à se dissoudre, en formant des regroupements dits régionaux. Symétriquement, les grandes institutions internationales sont bien dans des processus d'autonomisation. Objets également de mythification, leur pouvoir est cependant limité. En section III, nous nous interrogerons sur le niveau de conscience nécessaire pour édifier une société-monde. La mondialisation amène à dépasser une théorie des relations internationales qui aurait pour seul objet les relations entre Etats. Y a t'il hégémonie d'une nation, les Etats-Unis, alors qu'on a pu croire que son déclin économique allait entraîner un déclin politique ? |
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