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Articles 2007
25 décembre 2007 Michel Cornu
Les Lumières se sont-elles éteintes ?

Dès qu’elles trouvent leur place, les Lumières suscitent aussi bien l’adhésion de ceux qui se considéreront comme éclairés, que des critiques. Et cela se prolonge jusqu’à aujourd’hui, l’accord ou la critique fluctuant, pour une bonne part, selon la situation politique du moment.



3 décembre 2007 Raymond Court
La notion de « musique sacrée » au défi de Stravinsky


L’expression « musique sacrée » n’apparaît que très tardivement dans le vocabulaire musical. Ainsi elle ne figure pas dans le célèbre lexique de Sébastien de Brossard qui date de 1703. Et Pierre Lichtenthal, dans son Dictionnaire de musique paru à Milan en 1826, rappelle la distinction classique purement circonstancielle entre musica da chiesa, da camera et da teatro. Mais à l’intérieur de celle-ci on peut suivre par dédoublements successifs la détermination progressive du chant d’église dans sa fonction liturgique pure. Celui-ci est alors discriminé comme terme sacralisé à la suite de dédoublements successifs : d’abord par opposition du répertoire proprement canonique à l’ajout des tropes (d’interpolation ou d’encadrement), puis par la séparation du cantus (plain-chant grégorien) de la musica (en écriture et solfège moderne) Toutefois c’est surtout la distinction par Monteverdi (Préface du Vème Livre des madrigaux en 1603) entre prima et seconda prattica, théorisée en opposition entre stile antico et stile nuovo, qui sera décisive pour aboutir, dans l’esprit du Concile de Trente (1545-1563), à la catégorisation ultime du style archaïsant sous l’appellation de musica sacra.



26 octobre 2007 Véronique Hervouët
Comment renouer avec le Sens ?
Archéologie du verbe et témoignage


A mesure que le discours omnipotent des médias s’impose auprès de chacun comme une vérité officielle, que les virtualités se substituent à la réalité tangible de notre quotidien, s’efface le lien social qui s ‘y inscrivait et nous donnait existence. Ainsi s’évanouit ce que l’on appelle aujourd’hui confusément « l’identité », qui est cette reconnaissance réciproque que s’accordent les êtres humains pour affirmer leur existence et qui est entérinée dans le champ collectif sur le mode institutionnel



28 septembre 2007 Michel Cornu
Brahms, un musicien allemand

Arrêtons-nous un instant sur le titre choisi. Brahms, musicien allemand, et non pas, la musique de Brahms. Pourquoi ?



17 septembre 2007 Christophe Gallaz
L'Eglise cathodique

Si les religions protestante et catholique ont de la peine à rayonner sous nos latitudes occidentales, aujourd’hui, ce n’est pas seulement parce que le règne de la marchandise est le meilleur ennemi du désir spirituel. C’est aussi parce que ce règne les infléchit admirablement selon ses propres perspectives et dans ses propres formes, au point que nos vocabulaires quotidiens sont désormais fleuris de locutions précisant que telle marque commerciale est “culte” et que tel supermarché est un parfait “temple de la consommation”.



2 septembre 2007 François Chirpaz
Naissance(s)

De la naissance, ce moment unique entre tous dans le cours de la vie, la philosophie ne s’est guère préoccupée, comme s’il n’y avait, là, rien en mesure de retenir son attention. Une singulière cécité, à vrai dire, à peu de chose près, proche de celle à l’endroit de l’enfance dont elle n’a su, avant Rousseau, ne retenir, le plus souvent, que ce qui, en elle, constitue comme le versant le plus pauvre ou inachevé de l’être humain. Expérience pauvre, sous l’emprise des contes des nourrices, pour parler comme Locke, c’est-à-dire tout juste capable de se laisser séduire par des balivernes dont la pensée, enfin devenue adulte, peut se gausser pour se conforter dans la prétention d’être la seule dont l’homme est capable. Un mépris pour tout dire non sans analogie avec celui qui, à une époque, parlait de « mentalité primitive » à propos de peuples ne conduisant pas leur pensée selon les normes admises et familières en Occident. Et qui trahit une singulière inattention à la diversité des modalités par quoi l’être humain habite le monde et sa propre vie.



8 juillet 2007 Pierre-Marie Pouget
Témoignage d'un écrivain

J’écris depuis l’âge de 17/18 ans. Des cahiers par dizaines, des feuilles dactylographiées par centaines ont été des espaces destinés à la parution d’un monde où les mortels pussent figurer à leur place...



24 juin 2007 Jean Gobert Tanoh
Concept et humanisme

Un double constat, aujourd’hui, nous conduit à réfléchir sur la question du concept et de l’humanisme ; d’une part, une humanité de plus en plus soucieuse d’une éthique rigoureuse, pertinente et intégrale, à laquelle, rien de ce qui  touche à la vie humaine, valeur sacrée ne  demeure  indiffèrent, d’où les nombreux aspects de l’éthique, politique,  économique,  scientifique,  médicale, et d’autre part une indifférence quasi-totale à la pensée fondamentale, c’est-à-dire à la spéculation philosophique par laquelle s’obtient le concept. «L’affirmation que la pensée est en déclin n’est pas nouvelle » Le concept, étant une expression générique, met en évidence l’unité essentielle par laquelle, outre les différences particulières, les  étants du même genre sont reconnus identiques. Ainsi ni ce qu’il est, ni ce qui le produit ne peut être considéré de moindre importance sous prétexte que l’humanité a mieux à faire que de se préoccuper de ce qui est de l’ordre de l’abstraction...



12 juin 2007 Véronique Hervouët
L'identité virile en question

La globalisation et la domination universelle du monde, rendues désormais possibles par le développement technologique, l’expansion démesurée des « masses » qui s’en déduit, exacerbent les tensions entre les signes de puissance et les signes de vulnérabilité humaine, sollicitant celles, intérieures au sujet, qui déterminent les processus identificatoires. Ainsi, plus la masse s’amplifie, plus grande devient la dépossession identitaire de ses atomes et plus violente la répulsion et le rejet qu’elle inspire à chacun d’eux, plus exigeante sa revendication identitaire.



20 mai 2007 Sylvie Bonzon
Le résistant et les journaleux

L’un signe, l’autre pas...
Député européen de la Pologne à Bruxelles, l’ancien conseiller de Solidarnosc refuse l’humiliation ; au risque de perdre son poste, il oppose un « non » ferme aux exigences des jumeaux pathétiques.



13 mai 2007 Christophe Gallaz
Conversation avec Dieu à propos d'Internet

– Cher Dieu, le monde bouge comme jamais.
– Comme jamais ? Tu n'en sais rien.



29 avril 2007 Baldine Saint Girons
Du sublime


C’est à un dossier que nous vous convions aujourd’hui, consacré à la question du sublime. Un dossier organisé autour de deux livres récemment parus de Baldine Saint Girons, indiscutablement l’une des meilleurs spécialistes de cette question.
Aux avis de parution de ces deux livres font suite deux recensions qui les présentent, avant un texte inédit de l’auteur s’interrogeant sur la disparition manifeste du sublime aujourd’hui, dont elle profile la ressource que, à l’instar de ce qui vaut pour l’histoire de l’art – ainsi qu’elle vient de le montrer –, il constituerait pourtant pour la politique et la philosophie.



22 avril 2007 Michel Cornu
Bertrand Dermoncourt, Dimitri Chostakovitch


Gageons que ce livre fera longtemps référence pour les mélomanes francophones, amateurs de la musique de Chostakovitch. Et ceci pour plusieurs raisons.

D'abord, l'auteur, prenant en compte tous les ouvrages importants écrits en français sur ce compositeur, et se référant également à la littérature anglo-saxonne, ouvre un large horizon critique. Une bibliographie succincte, mais bien choisie peut conduire celles et ceux qui veulent poursuivre leur lecture vers, par exemple, les ouvrages indispensables de Frans C. Lemaire ou Krzystof Meyer. Notons en passant que les indications discographiques sont, elles aussi, réduites à l'essentiel; l'auteur, directeur de la revue Classica répertoire, justifie à chaque fois son choix par quelques pertinentes remarques.



8 avril 2007 François Chirpaz
Samuel Beckett, une voix irrépressible


"Cette voix qui parle, se sachant mensongère, indifférente à ce qu'elle dit, trop vieille peut-être et trop humiliée pour pouvoir jamais dire enfin les mots qui la fassent cesser, se sachant inutile, pour rien, qui ne s'écoute pas, attentive au silence qu'elle rompt, par où peut-être un jour lui reviendra le long soupir clair d'avent et d'adieu, en est-elle une ?"  (L'innommable)



1 avril 2007 Christophe Gallaz
L'esthétique du défilé


Enrichissement et vedettariat démesurés des top models, transformation du statut de grand couturier en celui de gourou mondain, et couverture médiatique compulsive des défilés, y compris dans les meilleurs journaux et jusqu'aux moindres émissions d'actualités télévisées, juste après le compte rendu quotidien des catastrophes planétaires: jamais l'industrie de la mode vestimentaire n'a rempli l'espace public avec autant d'ampleur et de constance, pour y susciter autant de gloses et convoquer d'aussi nombreux regards. C'est l'emblème d'une époque où tout défile dans nos sociétés, soit en boucle soit en relais, vedettes surcotées ou monarques en mauvaise posture, animateurs du petit écran ou politiciens affolés sous la mitraille des sondages.



19 mars 2007 La mort dans la compassion
Soins palliatifs, assistance au suicide et euthanasie

Présentation

Textes de loi

Face à face avec la mort

C’est un dossier que nous proposons ici, consacré à la question délicate et sensible de la mort assistée. Une dizaine de textes courts, dans lesquels théologiens, pasteurs, philosophes, médecins et praticiens de la santé présentent leurs interrogations, leurs réflexions et leurs expériences autour de cette problématique éthique mais aussi sociétaire et politique majeure, dont ils déclinent les différents modes et situent les termes, les positions et les enjeux essentiels. Cela de sorte à risquer une parole ouverte mais informée sur cette affaire où se joue, à la croisée de la plus grande intimité et de la loi, du for intérieur et du monde partagé, toute l’intensité de l’être avec autrui.



9 mars 2007 Pierre Pelletier
Fioretti


Si jamais nous avons un autre Pape porté sur les canonisations, et s’il demande mon avis, je lui suggérerai un nom : Leonardo Boff, le théologien brésilien dont le nom est resté lié à la théologie de la libération. Un saint théologien, ce serait tout à fait salutaire dans un pays catholique en train de devenir évangéliste, et toujours charmé par le syncrétisme d’origine africaine. Qui plus est, un franciscain dans le pays où existe le plus grand écart entre les riches et les pauvres !



4 mars 2007 Pierre-Marie Pouget
La communication facilitée
Questionnement méthodologique et éthique


Mon sujet portera sur la communication facilitée à l’égard des autistes profonds, qui n’utilisent pas leur voix pour lier conversation, qui diront seulement de temps en temps quelques mots ou une phrase circonstanciée, qui crient, font de l’écholalie, ont des comportements stéréotypés, des marottes...



18 février 2007 François Chirpaz
Sur Bergman


Un être humain peut-il encore demeurer dans la vie s'il a osé, ne fût-ce qu'une seule fois, porter le regard dans le miroir qui lui est tendu, ainsi que dans Les fraises sauvages ? Peut-il supporter l'image qu'il y découvre de lui-même, et cependant continuer à vivre ? Une telle question ne serait-elle, en fait, pas celle qui nous conduit au centre même de l'oeuvre de Bergman ?



11 février 2007 Raymond Court
Art et rédemption selon Walter Benjamin


L’esthétique de Benjamin, comme celle d’Adorno, est une des plus importantes de notre époque en tant qu’elle réussit à conjuguer une profondeur philosophique peu commune et une pratique effective des œuvres maîtresses de notre modernité (H. Arendt dont on sait les affinités avec Benjamin n’hésitera pas à son propos à parler de “critique le plus important de son époque”). De plus, dans son rapport à la modernité, cette esthétique a le privilège d’éviter deux écueils également redoutables : d’une part celui de sacrifier à une idéologie futuriste du progrès (et, en particulier sous l’impulsion marxiste, à un messianisme d’avant-garde, au nom d’une fin de l’Histoire), d’autre part celui, en couplage parfois avec le précédent, de glisser du côté d’un aplatissement de l’art sur des jeux d’écriture purement formels. Demeuré jusqu’au bout ami fidèle à la fois de Brecht le marxiste et de Scholem le théologien juif, Benjamin, dans sa pensée tendue en permanence entre cette double postulation, se situe ainsi pour nous paradoxalement au carrefour de l’art, de la modernité et de la théologie. C’est sur ce paradoxe que je me propose de méditer, sans prétendre surtout le dissiper.



28 janvier 2007 Dr Samba Diakité
Le Français en Afrique - L’autre et sa langue : la langue du refus


Les langues locales africaines sont de plus en plus délaissées au profit des langues  imposées par la colonisation. Ces langues dites universelles témoignent de la domination de l’Afrique par l’Occident. Mais, il n’y a pas de langues mortes ; c’est l’homme qui  vivifie sa langue et l’ouvre à l’Autre, à l’universel. Tout refus de la langue de l’Autre est donc en son fond un refus de sa culture, de son être même. Si l’Afrique veut s’imposer culturellement et économiquement, il lui faut renaître de ses langues. Mais cela passe d’abord par l’apprentissage des langues africaines dans les écoles et  dans les universités africaines.



21 janvier 2007 Véronique Hervouët
Du secret à la transparence ou du confessionnal à l’exhibition télévisuelle

Le rituel catholique de la confession auriculaire, qui était resté quasiment inchangé pendant quatre siècles, est tombé soudain en désuétude en 1978. Il est étonnant que cet effacement se soit accompli dans la plus totale discrétion. Car s’il est bien un rituel qui s’est inscrit au plus vif de la mémoire des fidèles de l’église catholique, c’est bien celui de la confession, qui marqua ceux qui l’ont connu d’un souvenir plutôt cuisant, éminemment désagréable...



21 janvier 2007 Jean Moulin
Le "messie nouveau est arrivé à la Migros"

A la page 7 de son journal, Monsieur Joël Guillet, rédacteur en chef de « Migros Magazine » (n° 50 du 11 décembre 06) nous annonce une révélation fracassante sur la VRAIE personnalité de Jésus...



14 janvier 2007 André Sauge
Le "Linceul" de Turin

Alors que je pensais, avec Broch, puis Charpak et Broch encore, le problème du « Saint Suaire » définitivement réglé, un hasard (il est vrai favorisé par une préoccupation du moment, puisqu’il me faut préparer un cours sur les croyances) me conduit à lire l’ouvrage signé par A. Marion et G. Lucotte, Le Linceul de Turin et la tunique d’Argenteuil. Le point sur l’enquête, Paris, 2006. Les auteurs se montrent fort critiques, avec une pointe de sarcasme, envers les scientifiques sceptiques et pensent pouvoir disposer d’assez d’arguments pour défendre l’authenticité « probable » de la pièce de tissu religieusement conservée à Turin.



7 janvier 2007 Franco Volpi
Le philosophe au miroir

Parmi les nombreuses questions que l’on voudrait poser à un philosophe – pour comprendre de quelle espèce il est, tenter de voir ce qu’il a à nous dire –, il en est une qui a affaire avec le visage et son indescriptibilité : dimension que seuls le miroir, l’image ou le portrait parviennent à capturer.

C’est une interrogation simple et naïve, mais qui peut mettre dans l’embarras. Prenant à part un philosophe, le plaçant devant un miroir et l’invitant à regarder dedans, nous lui adressons cette question : « Quand vois-tu le miroir ? »



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