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Articles 2006
31 décembre 2006 Jean-François Habermacher
Le bonheur de marcher dans le monde

Comment préparez-vous vos vacances ? Etes-vous de ceux qui planifient à l’avance, sortent cartes de géographie et guides, choisissent les itinéraires et contactent les gîtes où trouver un repos bienfaisant ? Ce serait, ma foi, ma pente naturelle, même si nous savons tous que les aléas de la route et du voyage viennent vite chambouler d’aussi belles organisations. Chacun se débrouille comme il peut avec l’inconnu !



31 décembre 2006 Rentrée 2006
une collection est née :




«Le peuple a ses raisons» - Stanislas Fumet

Le peuple n’est pas une machine à valider les problématiques des partis, des médias, des puissants. Il a ses raisons. Il est capable de juger et de sentir, de suggérer et de vouloir. Dans un monde en perpétuelle transformation, dans une démocratie menacée par les groupes de pression, le vote est un moyen d’expression nécessaire mais radicalement insuffisant.
La collection Vox populi publie des témoignages d’hommes et Vox populi publie des témoignages d’hommes et Vox populi de femmes de tous les âges et de toutes les conditions sociales désireux de parler d’eux-mêmes, de parler du monde, de parler d’eux-mêmes dans le monde.



17 décembre 2006 Georges Corm
La place de la laïcité à la française dans la post-modernité et la globalisation
Une réflexion sur les ruses de la raison antidémocratique en France et dans le monde

Pourquoi la laïcité est-elle en question ?
Parmi les nombreux symboles de modernité, d’humanisme et de progrès que le nom de la France évoque, celui de la laïcité n’est pas des moindres. C’est aussi, malheureusement, un symbole qui peut être considéré négatif pour certaines traditions politiques ou conceptions du monde en France ou à l’étranger...



17 décembre 2006 Christophe Gallaz
La démocratie mère du racisme

Hypothèse: c'est la démocratie, dans sa version communicante et pseudo-fraternisante, qui nourrit le racisme et sa version particulière antisémite. Explications...



17 décembre 2006 Michel Cornu
Christian Arnsperger, Critique de l'existence capitaliste. Pour une éthique existentielle de l'économie


Entre les vagues du marxisme dogmatique, du structuralisme, du néopositivisme, entre le raz-de-marée de la philosophie analytique déferlant sur le continent; entre l'affirmation, aussi péremptoire que naïve, que les sciences humaines allaient prendre la place de la philosophie, on pouvait croire que la pensée existentielle allait se réduire à un objet de musée, placé dans les salles les moins fréquentées. Et l'on se persuadait, sans l'avoir lu ou alors fort mal, que Kierkegaard, à la base de cette pensée, était à ranger dans la psychologie, sans la valeur scientifique de cette dernière; ou bien qu'il était un mauvais théologien luthérien, absorbé par la subjectivité: comme si Kierkegaard n'avait pas affirmé dialectiquement que la subjectivité est la vérité mais aussi que l'objectivité est la vérité. On occultait ainsi que, loin de se protéger de la dureté du monde, il ouvrait à l'engagement et luttait contre le suivisme idéologique et militant. D'ailleurs, se demandent encore ces critiques, que peut apporter au monde d'aujourd'hui la pensée existentielle en général.



28 novembre 2006 Joanna Nowicki
L’homme des confins – pour une anthropologie interculturelle

L’anthropologie culturelle continue à susciter les réticences dans l’univers intellectuel français. La méfiance exprimée à son égard a sa source dans la conscience de dérives dont on pressent la gravité. On redoute tout d’abord le risque du culturalisme à l’américaine, perçu comme contraire à un certain idéal d’universalisme à la française. Au nom de celui-ci, on ne souhaite pas décrire les personnes en fonction de leur culture de peur de les enfermer dans une réalité fabriquée qui risquerait de ne pas correspondre aux choix profonds de l’intéressé. L’universalisme français a l’ambition contraire : libérer la personne de tout déterminisme (de race, de classe sociale, de lieu de naissance, d’appartenance à une religion) et l’encourager à choisir son identité en fonction de ses préférences, de ses affinités, de ses valeurs. Ce qui est essentiel dans ce modèle qui continue à faire rêver des milliers de Français mais aussi des étrangers qui souhaiteraient l’adopter, c’est la prise en compte de la dimension individuelle de l’identité : on est d’abord soi, tel que l’on a décidé de l’être, compte tenu de l’histoire et des ambitions de chacun, et non pas un représentant de telle ou telle communauté culturelle qui déterminerait en grande partie les choix individuels.



12 novembre 2006 François Chirpaz
Le délaissement

De toutes les épreuves de la vie, la solitude est, sans conteste, l'une des plus douloureuses. Et l'une des plus révélatrices. L'une des plus douloureuses car elle prive l'être humain de l'aide qu'il ne cesse d'attendre et de solliciter de son semblable. Et l'une des plus révélatrices car elle met à nu le caractère précaire de la condition de tout homme dans la vie. Nul, en effet, ne peut comprendre ce que veut dire exister ni se comprendre lui-même tant qu'il n'a pas été confronté au délaissement de la solitude qui le laisse démuni dans le monde, face à son destin et sans recours.



2 novembre 2006 Michel Cornu
Groupe de la Riponne, Europes intempestives,
van Dieren éditeur, Paris, 2006. (Coll. Par ailleurs) 222p.


Europes intempestives. Le titre annonce l'intention du livre: Europes au pluriel, parce que, sortant de la rhétorique convenue sur l'Europe, les différents auteurs, chacun à sa manière, rouvre le dossier Europe: "Suivre les tranchées de la forteresse Europe qui dresse des barbelés sur ses bords au nom d'une logique identitaire dont on interroge le dispositif responsif. Montrer les entrelacs entre une Europe-puissance très ordinaire et l'ombre d'impuissance qui l'accompagne comme un ressac où se mélangent les mémoires européennes et extra-européennes, dans un miroitement infini."(p.5) Cette citation nous fait également comprendre le choix de l'adjectif intempestif.



25 octobre 2006 Denis Müller
Paul Ricoeur (1913-2005) : un philosophe aux prises avec la théologie

L’auteur revisite certains textes de Paul Ricoeur, textes s’étalant entre 1960 et 1992, afin d’exposer et de discuter le rapport de cette philosophie avec la théologie chrétienne. Il interroge le statut de la théologie spéculative dévolu par cette pensée qui accorde un certain privilège à la théologie herméneutique et à la théologie politique. S’il ne fait pas de doute que Ricoeur accepte, comme philosophe, de se mesurer aux questions théologiques sous-jacentes à toute grande philosophie de la religion, comme le montre sa dette envers Hegel et Saint Anselme notamment, la question semble se poser toutefois d’un scepticisme excessif envers les possibilités du penser théologique comme tel et d’une certaine tendance à l’éthicisation des questions métaphysiques ou dogmatiques.



15 octobre 2006 Raymond Court
Cézanne et la vérité de la peinture

On sait combien l’oeuvre cézanienne fut longue à être acceptée, sinon comprise. Celle-ci est assurément difficile à cerner dans la mesure où s’y opère l’articulation entre le classicisme le plus exigeant et la modernité la plus révolutionnaire. De manière plus fondamentale surtout, on peut se demander si la résistance certaine qu’offre cette peinture, ne répond pas à la profondeur même de son exigence d’une approche en acte du mystère le plus intime de l’expression esthétique en correspondance avec l’idéal que le Maître d’Aix déclarait avoir poursuivi avec acharnement durant toute sa vie et qu’il nommait « la vérité de la peinture » ? Très éclairant à cet égard est le témoignage percutant de Joachim Gasquet sur la tension inhérente à cette quête cézanienne fondamentale : « la plus frémissante sensibilité aux prises avec la raison la plus théorique, c’est tout le drame, toute l’histoire, toute la vie de Paul Cézanne »



9 octobre 2006 Georges Corm
Ce qui se passe derrière le retour du religieux

Des fureurs de guerre sainte de Ben Laden, aux émotions religieuses fortes de Georges Bush, aux caricatures danoises qui font supporter au prophète Mohammed la responsabilité des violences terroristes dans le monde, à l’extension des colonies de peuplement dans les territoires palestiniens occupés au nom de la Bible, au pétard qui est lancé dans la Basilique de l’Annonciation à Nazareth, à Tony Blair qui vient de déclarer que seul Dieu sera juge de sa décision de participer à l’invasion de l’Irak : le monde est-il devenu fou ?



9 octobre 2006 Michel Cornu
Georges Corm, La question religieuse au XXIe  siècle. Géopolitique et crise de la modernité.
La Découverte, Paris, 2006, Coll. Cahiers libres. 215p.


Georges Corm est de nationalité libanaise. Il fut ministre des finances du gouvernement libanais. Economiste et historien internationalement reconnu, auteur de nombreux livres remarquables sur la question de l'Orient et des rapports de l'Occident avec cette partie du monde, il nous offre, avec La question religieuse au XXIe siècle, un ouvrage qui, à nos yeux, répond à une urgence. Il y analyse en effet, hors des positions idéologiques et manipulatrices, le chaos actuel, réussite, pour une grande part, de qui l'on sait. Mais il ne se satisfait pas de ce constat: il ouvre des pistes pour sortir de la dangereuse tension internationale et du faux débat sur la confrontation des civilisations.



1 octobre 2006 Véronique Hervouët
Faire le ménage chez soi... avant que de prétendre le faire chez les autres


Certes, il est plus prudent et constructif de considérer la “relation difficile” entre Occident et Moyen-Orient comme une “lutte contre l’obscurantisme”* plutôt qu’en termes de “choc des civilisations”. D’autant que c’est assez ajusté, quant à l’obscurantisme. Mais n’y a t-il qu’un obscurantisme comme il n’y aurait qu’un fondamentalisme ? Que penser en effet du fondamentalisme, non moins obscur, dont témoigne l’économisme en voie de totalitarisme et de la frénésie de consommation sur laquelle il prospère ?



22 septembre 2006 Christophe Gallaz
Le système du viol


Le viol, selon la première définition qu'en donnent les dictionnaires, est un acte de violence par lequel une personne contraint une autre personne à des relations sexuelles. Or l'usage récent du terme, au cours du siècle dernier, a déployé son acception dans le registre abstrait. Le viol signifie désormais aussi «porter atteinte à», «blesser» ou «profaner». Autrement dit nous sommes tous aujourd'hui violeurs de nos congénères et violés par eux.



10 septembre 2006 Joanna Nowicki
L'Europe comme référence pour la grande Europe


L’Europe dans son acceptation courante signifie aujourd’hui pour une majorité des locuteurs occidentaux « L’Europe communautaire ». Lapsus repéré immédiatement par ceux qui n’en font pas partie et pourtant se sentent tout naturellement Européens. Afin de combler une sorte de lacune dans le langage courant des habitants de l’ouest du continent européen, on a inventé le terme de « Grande Europe », qui suggère une entité plus vaste que celle de l’Union Européenne.



10 septembre 2006 Nous vous signalons le 2ème Festival francophone de Philosophie

"La cité et le pouvoir"

Crise des banlieues, impuissances et limites de la démocratie, contestations de l’Etat, débats sur l’universalité des valeurs et des droits de l’homme, hyperpuissance mondiale et perte de souveraineté des Etats-nations, choc des civilisations, terrorisme, croissance des inégalités, terrorisme, communautarisme, mondialisation triomphante, fin de l’histoire, montée des intégrismes, dérèglement de l’équilibre homme-nature, vieillissement, accélération du rythme des découvertes scientifiques et techniques, place des étrangers dans la cité: l’humanité moderne semble avoir perdu le contrôle de la cité, la maîtrise de son cadre de vie.

De la polis grecque aux immenses mégapoles hypertechnicisées, la structure du pouvoir semble avoir varié moins vite que la technologie depuis deux mille ans. Quelles leçons tirer des expériences du passé, comment redéfinir des valeurs communes et légitimes pour tous, quel sens donner à la politique, comment créer de nouvelles solidarités et redéfinir une citoyenneté active, comment réorganiser et redistribuer le pouvoir pour rendre la cité humaine plus gérable, plus harmonieuse et plus facile à vivre: telles sont les questions auxquelles la 2e édition du festival francophone de philosophie tentera d’apporter des réponses.


du 14 au 17 septembre 2006
Fribourg (Suisse), Université Miséricorde et Collège Saint-Michel
Entrée libre et gratuite

Plus d'informations sur le site du Festival :
www.festivalphilosophie.info




10 septembre 2006 Nous vous signalons également, dans le cadre du Festival francophone de Philosophie, Une conférence-concert sur

Johannes Brahms, musicien allemand
Avec Pierre El-Doueihi, pianiste
et Michel Cornu, philosophe

le samedi 16 septembre 2006 à 11h et 16h
Salle de musique du Collège Saint-Michel, 4ème étage

Plus d'informations sur le site du Festival :
www.festivalphilosophie.info



3 septembre 2006 François Chirpaz
La ligne frontière


Depuis les premiers temps de leur installation sédentaire les sociétés humaines ont coutume de se rapporter au territoire sur lequel elles ont établi leur séjour comme au point central de leur ancrage dans le monde. C'est là que les individus ont fait leur entrée dans la vie, qu'ils nouent leurs relations les plus essentielles, c'est là qu'ils habitent, qu'ils travaillent et qu'ils vivent. Pour chacun, le territoire constitue le lieu même de sa vie. Qu'il se déplace ou y séjourne en permanence, ce lieu initialement non choisi, puisque nul n'a choisi de naître ici plutôt qu'ailleurs, pas plus qu'il n'a choisi de faire son entrée dans la vie, devient, au fil du temps, espace privilégié entre tous. On visite d'autres régions ou d'autres pays et on y voyage mais c'est dans ce « ici » privilégié que l'on réside car on y a établi sa demeure, en ce lieu qui constitue un territoire.



8 juillet 2006 Véronique Hervouët
Mutations dans le champ symbolique occidental

Au regard de la confusion grandissante de la sphère publique et privée comme de leurs  registres de discours, se confirme la nécessité de prendre en compte la dimension du désir et du fantasme impliquée dans la problématique identitaire mais aussi à l'œuvre dans le champ idéologique et les conflits en cours. Une approche globale s'avère incontournable dès lors que les symptômes en présence sont solidaires des systèmes symboliques des sociétés dans lesquelles ils s’inscrivent.  C'est donc  à une analyse globale du malaise contemporain et plus particulièrement à la mise en évidence de la structure logique qui le sous-tend, que je me suis attachée dans ces lignes réalisées sur la base d'un ouvrage dont je reprends ici les grands axes.



26 juin 2006 Joanna Nowicki
De la relation à l’Autre vers la relation avec l’Autre
Quelle méthode pour la communication interculturelle ?


Les droits de l’homme ont émergés comme nécessité après l’expérience d’Holocauste. Le concept de dialogue des cultures commence à s’imposer  après l’apparition d’un terrorisme international que certains ont interprété comme « choc de civilisations ».
Au-delà des voeux des humanistes  et des déclarations d’hommes politiques, peut-on le conceptualiser ? A l’aide de  quelles méthodes l’appréhender ?



10 juin 2006 Pierre-Marie Pouget
L'éducation en démocratie

Sous ce titre, j’examinerai d’abord la manière dont il est possible de traiter de l’éducation dans nos sociétés démocratiques lorsqu’elles ne sont pas trop perturbées par des facteurs antidémocratiques. Je décrirai ensuite certaines difficultés que rencontrent l’étude et la pratique de l’éducation dans notre présent démocratique, malmené par les oligarchies financières. Ce point se limitera à des exemples pris dans l’école helvétique, primaire, secondaire et au niveau de l’enseignement supérieur. J’imaginerai enfin une riposte éducative que l’état actuel de nos démocraties rend encore possible, à partir de toute personne qui, d’une part, ressent la liberté responsable comme un idéal méritant notre engagement lucide et courageux, et qui, d’autre part, dispose d’une stratégie efficace pour le faire valoir toutes les fois que l’occasion se présente. Je ne veux pas laisser planer le mystère sur cette stratégie qui éduque à la liberté responsable aussi bien les adultes de tous âges que les enfants et les adolescents. J’ai nommé le dialogue.



4 juin 2006 Denis Müller
Compassion ou compulsion ?
Assistance au suicide et euthanasie active

L'assistance au suicide est souvent utilisée comme un cheval de Troie en faveur de la légalisation de l'euthanasie active directe. Ces deux problématiques sont pourtant fondamentalement distinctes et demandent chacune une réponse éthique propre.



28 mai 2006 Christophe Gallaz
Autoportrait de l'indifférent


«Les temps sont modernes et je suis l'Européen moyen pétri d'images et de renseignements électroniques, simulacres azurés d'une planète que je méconnais dans sa substance et sa durée. J'aimerais porter secours aux damnés qui cheminent ces jours-ci par centaines de millions dans la poussière du monde et périssent parmi les miasmes et les mouches, mais je ne suis moi-même que leur frère inversé, le sans-patrie de la modernité, le désespéré sous la prospérité, l'écrasé par la toute-puissance de ses moyens, l'égaré par ses possibilités de connaissance, le défait jusqu'à la fibre, le cloué dans une terreur secrète.»



10 mai 2006 Raymond Court
Mozart entre Kierkegaard et Levinas
Au delà du « subjectivisme pur du moi » par la musique
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On connaît les pages célèbres où, dans l’Alternative, Kierkegaard, au cours de son analyse du stade esthétique, fait référence au Don Giovanni de Mozart. Le rôle éminent reconnu ainsi à l’art musical semble bien à première vue s’inscrire au coeur du projet profond du philosophe de l’existence qui, à l’opposé de l’affirmation hégélienne relative à « l’absence de substantialité de la musique », souligne au contraire avec force le « saut qualitatif » accompli par celle-ci hors de l’univers du concept. Aussi en revanche est-il bien difficile de ne point être surpris, voire déçu, quand dans le même texte est portée une condamnation sévère de la Flûte enchantée au nom même de la musique, sous prétexte que l’amour conjugal serait rebelle par principe à cet art. Cette position kierkegaardienne fait d’autant plus question quant au statut exact de la musique qu’elle implique, qu’apparaissent manifestes des affinités entre le contenu de vérité de cet opéra mozartien et les analyses du philosophe danois concernant l’ordre éthico-religieux.



28 avril 2006 Véronique Hervouët
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