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A propos de Contrepoint Philosophique

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2012
14 octobre 2012 Nicolas Dittmar
La puissance de l'intuition chez Bergson et Simondon

Bergson est le penseur du devenir compris comme durée. Cette durée est celle de la conscience, qu’il oppose au temps scientifique. Le temps mesuré par la science est spatialisé et appauvri par rapport au temps vécu par la conscience, c’est une abstraction qui n’assume pas les deux dimensions ontologiques de continuité et d’hétérogénéité.




14 octobre 2012 Abou Sangare
La théorie hégélienne de l'histoire : humanisme ou radicalisme ?
Contribution au dénouement du contentieux entre Hegel et les Africanistes


Depuis la publication de la Raison dans l’histoire, œuvre où Hegel présente l’Afrique comme pays factuellement situé au seuil de l’histoire, sa théorie de l’historicité est frappée d’un vice d’humanisme, tant elle a indigné et continue d’indigner encore un certain milieu intellectuel mondial et particulièrement africain. Sur cette excommunication de l’Afrique de l’eucharistie historique, beaucoup de choses tendant à le blâmer ont été dites et écrites: Hegel est le théoricien par excellence du racisme. Sa théorie de la contradiction, la dialectique, est, sans conteste,  reconnue par tous ses lecteurs comme un formidable succès dans le champ de la réflexion philosophique, mais selon ses détracteurs, son application à la réalité africaine, en raison des exclusions qu’elle suscite, fait nourrir des résistances et réticences sur son positionnement à la tribune des penseurs humanistes. Le Professeur Tanoh Gobert du département de philosophie de l’Université de Bouaké, dans un article publié au Portique sous le titre être Africain, quoique reconnaissant les légitimes raisons des propos hégéliens sur l’Afrique, n’a pu s’empêcher d’écrire: « En parcourant les idées de Hegel sur l’Afrique, nous avons été souvent choqué et même scandalisé de voir qu’un si grand penseur comme lui puisse, sur des rapport d’explorateurs, venir à une conception assez dévalorisante de l’humanité noire. Celle-ci est encore à être. Elle ne l’est pas à présent, de telle sorte qu’en écrivant sur l’Afrique, Hegel voyait à peine de différence entre une bête sauvage et le nègre au sens littéral de la comparaison ». C’est cette image de négateur sans scrupule du nègre en son humanité, d’idéologue du racisme qui triomphera, ou du moins qui connaîtra une large diffusion dans certains cercles du monde universitaire africain, dominés par des idées africanistes où la seule évocation du nom de Hegel et la mention de la Raison dans l’histoire suffisent à soulever l’indignation.




11 juillet 2012 Elodie Gontier
Le cheminement de la subjectivité kierkegaardienne ou le chemin d'Abraham

L’objectif de cet article est de montrer qu’au cours de notre cheminement, nous pouvons choisir une voie plutôt qu’une autre. C’est à partir de Kierkegaard et de son analyse détaillée du sacrifice d’Isaac que nous examinerons comment le cheminement peut être, à la fois, libre et déterminé par la volonté de Dieu. Cela nous conduira alors à envisager les liens entre l’immanence et la transcendance. Par ailleurs, nous pouvons voir comment le cheminement physique vers le Mont Morya renvoie à un autre cheminement, peut-être plus fondamental : celui de la subjectivité. C’est par ce biais que nous développerons une réflexion autour de la problématique des « pères ». En effet, ne cheminons-nous pas pour nous élever comme Abraham vers Dieu en vue d’être un « père » pour Isaac et pour autrui en général ?



11 juillet 2012 Jean Gobert Tanoh
Lecture heideggerienne de Senghor


Lire Senghor à partir de Heidegger, c’est chercher à comprendre comment le penser poématisant, intuition essentielle du penser heideggerien, a pris forme sur cette terre d’Afrique ; révélant en la figure pensante de Senghor une  idée fondamentale, celle du « métissage culturel », qui, au fond, n’est possible que lorsque la conscience s’élève à son essence universelle. Lire Senghor, d’une façon heideggerienne, c’est être attentif à « la trace des dieux enfuis »[1], pour comprendre la nécessité d’un habiter substantiel de l’homme, dans une appropriation de son essence pensante, qui, seule, dans un élan poétique, lui confère pleinement sa dignité. Celle qui brille quand elle est enracinée dans la vérité universelle de l’homme qu’est la pensée. La pensée, prenant issue d’elle-même, se poématise dans son dire originel, pour donner à l’homme la possibilité d’une réalisation intégrale de son être. Et l’œuvre de Senghor, qui n’en est pas moins une articulation  intime entre pensée et poésie, rend bien compte de cela même, pensé par Heidegger pour donner à la pensée toute sa portée humanisante, celle qui intègre, à la fois, l’éthique, la politique et le social ou le culturel.



11 juillet 2012 Dr. Bah Jean-Pierre Kouakou
La santé infantile dans la puériculture akan de Côte d'Ivoire

La santé infantile occupe une place importante dans les sociétés africaines. Celle-ci est marquée par la puériculture dont le cas des Akans sert ici d’illustration. Les Akans sont un groupe ethnique composite réparti au Centre, au Sud, à l’Est et au Sud-est de la Côte d’Ivoire.
Plusieurs éléments concourent à la compréhension de la santé de l’enfant akan. En effet, l’environnement socioculturel (rites et pratiques) et écologique (flore, faune) demeure le substrat de la puériculture de ce groupe. De fait, divers objets, confectionnés par les tradithérapeutes, constituent des éléments concrets, observables, qui caractérisent le cadre institutionnel de la santé infantile dans le groupe ethnique akan. Ces éléments constitutifs d’origine zoologique et végétale témoignent de l’importance de l’environnement naturel dans les pratiques médicales africaines.
Cette  symbiose entre l’Homme et la nature est riche d’enseignements dont la connaissance requiert une approche anthropologique.



20 mai 2012 Edouard de Perrot
Lettre posthume à Jean-Claude Piguet

Il m’a fallu du temps pour oser prendre la plume et vous écrire. À propos de quoi ? Je ne le sais moi-même pas très bien. Ne comptant pas parmi vos élèves, j’en ai épousé une, Nicole, qui se souvenait si bien de vous et de votre enseignement au Gymnase qu’elle éveilla mon attention et mon envie d’y avoir accès. C’est un peu en vous entendant, beaucoup en vous lisant que l’exigence et la clarté de vos exposés, la vigueur de votre argumentation, votre sens de la musique m’ont conquis. Et j’ai goûté l’étendue de votre culture autant que la rigueur de votre questionnement nourri de la précision de langage que vous mettiez au service de votre pensée pour exprimer ce que vous perceviez et conceviez du monde.



13 mai 2012

Jacques Brafman
Peut-on parler de philosophie polonaise ?

Dissipons d'entrée l'ambiguïté guettant notre interrogation. Pas davantage qu'il n'existe d'art, de religion ou de science nationale, au sens exclusif de cet adjectif, il ne saurait être question de philosophie liée à une nation, ces disciplines œuvrant en vue de et proposant des vérités universelles, appartenant au patrimoine de l'Humanité. Leur appréciation et leur influence, par-delà les frontières qui les ont vues naître, le démontrent amplement.  Mais s'il n'est point de pensée valide asservie à un génie natif, il n'en demeure pas moins vrai que celle-ci dépend pour son apparition (naissance) et son développement (formation) de circonstances historiques et sociales, dont les conditions nationales précisément. Aussi nous ne nous demanderons pas s'il y a ou non une philosophie proprement polonaise –question absurde, illégitime telle quelle, fleurant le pur nationalisme-, mais uniquement  si la philosophie en général s'est acclimatée ou ancrée en Pologne, et sinon, pourquoi ne l'a-t-elle pas fait, lors même qu'elle est censée s'adresser à tous les hommes indistinctement et partant s'étendre partout et toujours.



9 avril 2012 Sylvie Bonzon
Nous ne sommes pas les Grecs...Hélas!



25 mars 2012 Dr. Koblan Foly Jean Kossi
Le jeu politique de la femme

C’est une conception fortement admise pour les fils d’Adam que l’exercice du pouvoir politique est une tâche fondamentalement dévolue à l’homme, et non jamais à la femme. En réalité, nous pensons que ceci est une illusion. C’est pourquoi, dans cet article, nous voulons montrer qu’une analyse de l’être et de l’existence de la femme permet de comprendre que la femme, bien qu’elle se tienne généralement à distance de la scène politique, où s’agite constamment l’homme, est et reste la détentrice véritable du pouvoir politique.



19 février 2012 Nicolas Dittmar
Husserl. Le sens des choses

L’objectif de cet article est de retracer la genèse de la phénoménologie transcendantale de Husserl en nous penchant sur ses premiers écrits, la Philosophie de l’arithmétique et les Recherches logiques. Cet angle d’analyse permet d’examiner les problèmes fondamentaux de la phénoménologie, en particulier à travers les concepts mathématiques de nombre et de quantité, ce qui nous conduit dès le départ de poser la question de la subjectivité dans la constitution de toute connaissance et introduit le motif de l’intentionnalité.
Ce cadre étant posé, nous pouvons développer la critique centrale du psychologisme dressée par Husserl et analyser les autres concepts fondamentaux de la phénoménologie comme ceux de la réduction, de l’évidence et de l’intuition, qui apparaissent dans l’Idée de la phénoménologie puis dans les Idées directrices.
Cet article se veut donc une récapitulation et une synthèse de la méthode phénoménologique et de la dimension transcendantale de la conscience qu’elle permet de mettre au jour.
Nous espérons par là contribuer à réhabiliter, non seulement le sensible dans la sphère du logos, mais plus fondamentalement la subjectivité humaine telle qu’elle peut apparaître dans son rôle de constitution du sens et de liberté individuelle.



15 janvier 2012 Ouat Nagninta
Côte d'Ivoire : Analyse d'une crise post-éléctorale

La Côte d’Ivoire véritablement n’en finit pas avec les crises. Ses vieux démons des années 1990 la suive toujours pour la plongé dans une crise post-électorale la plus dramatique et tragique de son histoire. Cette crise qui laisse des blessures béantes au pays s’achève peu à peu pour laisser la place à une autre crise qui elle devra permettre au pays de panser ses blessures en vu de lui offrir des lendemains meilleurs.  A cet effet sachons que même si la tempête semble être passée on attend toujours de voir le beau temps se lever sur la Côte d’Ivoire.



15 janvier 2012 Moussa Abdoulwahabi
Le nationalisme des jeunes africains comme facteur de développement

Le développement d’un pays donné repose sur sa jeunesse. C’est à elle de prendre la relève dans tous les domaines (politique, culturel, social, économique, linguistique...). Les anciens ont fait leur devoir. Ils ont  laissé des oeuvres  inestimables. Il revient maintenant à la jeunesse de faire mieux que les anciens. Cependant,  pour entreprendre une action de développement quelconque, il importe d'aimer d' abord son pays. C’est cet amour patriotique qui a manqué à nos anciens. Sinon comment comprendre l’avilissement  de notre continent sur tous les plans: exploitation économique, aliénation culturelle et politique, programmes scolaires et universitaires en déphasage avec nos réalités...

L’Europe, l’Amérique, l’Asie se sont développées  grâce au patriotisme de leurs citoyens. Ces derniers  ont  travaillé durement afin  de hisser leurs régions au rang des nations qui gagnent.

Alors, l’Afrique, elle aussi ne doit pas rester à la traîne. Elle doit être dynamique. Elle doit prendre conscience des différents problèmes qui entravent le développement  de ce continent très riche en ressources minières.

Aujourd'hui, la théorie de DARWIN selon laquelle seuls les forts, les puissants doivent survivre, est une réalité. Ainsi, tout individu, toute nation faible aura une longévité très limitée. Plusieurs puissances mondiales au mépris du droit international agressent souvent les nations faibles.  C’est le  cas des Etats-Unis qui a envahi injustement l’Irak.  Quelle aberration! Le fort doit- il rester impuni?Au  total, au nom de la survie de notre cher continent, une éducation patriotique s’avère nécessaire. Aucun pays ne peut se développer sans un élan patriotique de la part surtout de sa jeunesse. Cette dernière a une lourde responsabilité.



8 janvier 2012 Véronique Hervouët
White trash - les "ordures blanches"

« White trash », ou « poor white trash » – que l’on traduira par « ordures blanches » ou « pauvres ordures blanches » – sont des termes anglo-américains péjoratifs utilisés aux USA pour désigner les Blancs pauvres et désocialisés des Etats-Unis. Ces termes les désignent comme une classe sociale inférieure, au niveau de vie dégradé, des réprouvés de la société respectable, des marginaux potentiellement dangereux car imprévisibles, irrespectueux des autorités politiques légales ou morales. Ce terme est plus particulièrement utilisé par les Noirs comme une insulte mais il est aussi utilisé par les Blancs de statut économique plus élevé ».






8 janvier 2012 Bibliothèque - Nouvelle parution aux Editions "L'Age d'Homme"
La réception croisée de Hegel en Allemagne et en France au XIXe siècle

Outre que la façon comme les raisons de traduire ainsi que le choix des oeuvres traduites sont toujours décisives pour ce qui est de la réception d’un auteur, l’introduction des oeuvres de Hegel en France, des années 1850 à 1870, s’est trouvée contemporaine d’une difficulté majeure, liée cette fois- ci au développement de l’hégélianisme en Allemagne. C’est ce croisement, dont les enjeux sont institutionnels et politiques autant que philosophiques, qui fait l’objet de ce recueil d’études.



8 janvier 2012 Bibliothèque - Nouvelle parution aux Editions "L'Age d'Homme"
Karl Popper - Question de méthode en psychologie de la pensée

Dans ce texte, traduit ici pour la première fois en français, Karl Popper réfute la thèse dite du physicalisme radical, consistant à réduire la psychologie à la physiologie du cerveau et à ramener les sciences – et en particulier la biologie, nécessaire à la connaissance des processus cérébraux –, à la physique. Contre les tentatives réductionnistes, Popper affirme la spécificité irréductible du fait psychique, qui doit déterminer la méthodologie de son étude, en même temps que la spécificité de la biologie, laquelle échappe pour une large part aux résultats tout quantitatifs de la physique, qu’il serait ainsi illusoire d’élever au rang d’idéal général de la connaissance, même scientifique.



2011
11 décembre 2011 Jean Gobert Tanoh
Nationalisme et problématique de développement en Afrique

L’impasse politique qui prévaut aujourd’hui en Côte d’Ivoire, après le second tour des élections présidentielles du 28 Novembre 2010, permet de penser les questions, non moins importantes, du nationalisme et du  développement., préoccupations majeures s'il en est. En présentant Alassane Ouattara comme « le candidat de l’étranger », et donc implicitement étranger lui-même, son adversaire Laurent Gbagbo n’exprime pas seulement son nationalisme mais prévient de ce qu’une éventuelle élection de Ouattara est hautement dangereuse pour la Côte d’Ivoire, en favorisant une invasion de l’extérieur, qui, sans doute, mettrait à mal son développement.



24 novembre 2011 Nicolas Dittmar
L'intelligence imaginative chez Diderot et Simondon

Qu’est-ce que la Nature ? Comment la décrire sans basculer dans l’abstraction des concepts ?

Diderot et Simondon s’accordent d’emblée pour reconnaître une dynamique à l’œuvre dans la nature, sans pour autant y adjoindre une doctrine finaliste : la nature est un fonds inépuisable de séries qualitatives, elle est mouvante et en perpétuel devenir, c’est une totalité aléatoire que seule une approche génétique peut prétendre saisir de façon rationnelle et adéquate.

Cette approche génétique est le trait fondamental par lequel nous nous proposons ici de rapprocher les pensées de Diderot et de Simondon, qui se réclame par ailleurs de l’héritage encyclopédiste des Lumières.

Toutefois, l’objectif de cet article, outre le fait qu’il convient, nous semble t-il, de montrer le caractère urgent d’une connaissance concrète de la nature, en deçà des théories empiristes et rationalistes, sera de présenter le caractère prévalent de la faculté de l’imagination dans constitution de cette connaissance : imaginer, c’est avant tout s’attacher à l’observation scrupuleuse du Réel pour y repérer, par voie transductive ou analogique, les suites empiriques significatives pour la connaissance, que seul l’imagination a le pouvoir de synthétiser comme le remarquait déjà Kant.

Décrire et observer, plutôt que re-présenter et conceptualiser, définir une heuristique de la connaissance plutôt que son axiomatique sans se référer à une entité transcendante, tel est, nous semble-t-il, la démarche commune du matérialisme diderotien et simondonien.



24 novembre 2011 Edouard de Perrot
Psyché, une énigme

Loin d’être résolu, le problème du rapport qui lie le corps et l’esprit entretient un débat fourni entre les divers tenants des doctrines en lice. Alimenté par les dernières découvertes des neurosciences, celui-ci émarge également à la philosophie qui peine à suivre la démarche innovante et quelque peu visionnaire des agents de ces disciplines modernes, qui se sont affranchies d’elle non sans la spolier. Devant le foisonnement d’idées et de raisonnements menés à l’assaut de ce monument, on se pose quelques questions à propos du sens des grands courants de pensée qui informent ce domaine en plein essor.



2 novembre 2011 Jean-Gobert Tanoh
Lecture Hegelienne : Benoît Okonda dans la continuité du regard africain

La critique de la thèse culturelle que OKONDA propose pour dépasser Hegel, thèse qui fait l'originalité de son ouvrage, exige la compréhension des différentes articulations de son essai. Celui-ci s’articule autour de quatre grands chapitres, avec chacun des sous-points.
- Chapitre Premier : L’Afrique dans l’antichambre de l’histoire du monde
- Chapitre II : Sources africaines de Hegel et leur interprétation
- Chapitre III : La réception africaine - Chapitre IV : Repenser Hegel et l’identité spirituelle de l’Afrique
La démarche de l’auteur est logique et pertinente, car c’est en saisissant clairement les thèses hégeliennes, les sources de celles-ci et les différentes positions des intellectuels africains qu’on peut rigoureusement parler de dépassement, objet du dernier chapitre.



2 novembre 2011 Pierre-Marie Pouget
Les théories complotistes

Certains ouvrages obtiennent un succès mondial en prétendant démasquer de vastes complots aux ramifications très secrètes, qui peuvent remonter jusqu’à une conspiration mondiale se réactualisant d’époque en époque, depuis la mythique Fraternité babylonienne jusqu’aux machinations supposées sataniques des comploteurs américano-sionistes. Ces livres réussissent à convaincre une foule de gens que nous sommes manipulés par des forces occultes, qui ont élaboré un plan de domination du monde, dont la réalisation explique tous les malheurs des peuples. Ils prétendent débusquer ces redoutables puissances cachées, décoder leurs codes secrets, décrypter leurs documents, dont les célèbres Protocoles des Sages de Sion. Les Juifs seraient au cœur du plan de destruction de tous les peuples de la terre, de la volonté de faire régner un Nouvel Ordre mondial, le leur. Ce serait à eux que profiteraient les crimes qui bouleversent les humains, ruinent les sociétés. Comment n’en seraient-ils donc pas les auteurs ?



22 septembre 2011 Michel Cornu
Les valeurs ont-elles encore une valeur ?

On parle de valeurs économiques, politiques, esthétiques, éthiques. On procède à des évaluations de la compétitivité d’une entreprise pour la noter en bourse et, par la même, décider de sa valeur, qui peut être surévaluée ou sous-évaluée par rapport à sa valeur réelle (si tant est que cet adjectif garde un sens dans le néolibéralisme actuel). Ceci nous montre que l’on mélange quantitatif (valeur ajoutée) et qualitatif (la valeur esthétique d’une fugue de J.S.Bach ou celle d’un morceau de musique techno). Ne fait-on pas, par là même, perdre toute valeur de sens au terme de valeur. Ce terme de “valeur“, comme tant d’autres termes, n’a-t-il pas été annexé par le totalitarisme économique ?



11 septembre 2011 François Chirpaz
Prononcer juste

À cette page de La Semaison, je ne cesse de revenir, comme pour y retrouver le centre de l'inspiration de l'œuvre de Jaccottet, bien sûr, mais aussi celui de l'entreprise poétique : là où elle est à son être parce qu'elle est à ce qui fait sens en elle et par elle. Là où elle est en son lieu, au sens qu'il accorde à ce terme, comme il le dit à propos de Rilke : une sorte de centre mis en rapport avec un ensemble, car là y règne un repos et un recueillement.



24 juillet 2011 Nicolas Dittmar
Simondon et Deleuze : l'intensité de l'être

La conscience est la dernière phase de l’évolution du système organique, par conséquent aussi ce qu’il y a de moins achevé et de moins fort dans ce système….Si le lieu des instincts, ce lieu conservateur, n’était pas tellement plus puissant que la conscience, s’il ne jouait pas, dans l’ensemble, un rôle de régulateur, l’humanité succomberait fatalement sous le poids de ses jugements absurdes, de ses divagations, de sa frivolité, de sa crédulité, en un mot de son conscient… C’est encore une tâche éminemment actuelle, que l’œil humain commence même à peine à entrevoir, que celle de s’incorporer le savoir, de le rendre instinctif chez l’homme 



4 juin 2011 Raymond Court
Réflexions sur le texte "L'Incarnation, le Don, la Transmission" de Michel Cornu

Quelques réflexions premières à propos d'un très beau texte de Michel Cornu.



4 juin 2011 Michel Cornu
L'incarnation, le Don, la Transmission

Partant de l’Incarnation annoncée dans la Bonne Nouvelle, cet article tente de montrer que cette dernière est présentée sous forme de récits irréductibles à tout discours purement démonstratif. Le témoignage peut en être la seule forme de transmission. Ce dont il faut témoigner, c’est du don primordial, de celui dans lequel Celui que nous nommons ”Dieu” se donne. Dans cet article, qui préfigure un projet de livre sur l’Incarnation et l’incarnation, l’auteur tente de montrer les relations qui existent entre témoignage, transmission, don, transmission du don et don de la transmission.



29 avril 2011 Raymond Court
La permanence du religieux ?
Réflexion sur le chiasme théologico-politique


Comment se défendre de ne pas éprouver un sentiment de vive exaspération face au déferlement des propos sur le religieux charriés dans les flots tumultueux de notre modernité à l’ère des média ? Le phénomène certes n’a rien en soi de surprenant d’abord dans la mesure où ces derniers, notamment sous leur triple forme majeure : radiophonique, télévisée et numérique, submergent aujourd’hui toutes les activités de l’existence quotidienne. Par ailleurs force est bien de constater l’agitation bruyante autour des religions qui domine l’actualité présente, que ce soit à propos de l’islam et ses dérives, des mouvements évangélistes divers et leur prosélytisme aventureux et enfin jusqu’à la tempête qu’essuie le catholicisme contemporain. La résultante d’un tel état de chose se traduit, surtout dans les milieux dits « éclairés »,  par une réaction globale de rejet catégorique de ce que le commun désigne avec condescendance et mépris comme « la religion ».



3 avril 2011 Nicolas Dittmar
Simondon et Patocka : les sujets du monde

Cet article se propose d’analyser le rapport philosophique entre deux auteurs emblématiques du courant post-phénoménologique, Simondon et Patocka. Il centre l’analyse sur les présupposés communs aux deux auteurs, tout en développant les fondements d’une phénoménologie de l’individuation. Le postulat majeur commun aux deux auteurs est celui du réalisme de la relation mais aussi celui de la thèse du préindividuel, qui permet de penser la genèse de l’individu et de la pensée à rebours de tout présupposé substantialiste : il s’agit au fond d’élaborer une nouvelle théorie de la connaissance fondée sur une analytique du sujet sensible, et qui ne déréalise pas l’individu en le faisant éclater dans une pure philosophie de la différence, mais au contraire le révèle dans son être en tant qu’il devient. C’est soutenir la permanence du sujet en amont de toute philosophie de la représentation, permanence du devenir du sujet qui devient en tant qu’il est, selon un mouvement de réalisation ontogénétique qui préserve l’unicité de l’individu à travers le temps.



1er avril 2011 Ouat Nagninta
Diagnostic de l'Afrique à l'aube du cinquantenaire de l'indépendance de la plupart des états africains : cas de l'Afrique subsaharienne

Certains de nos lecteurs seront peut-être choqués par la dureté des critiques émises dans ce texte, par ce qui ressemble parfois à des "clichés" du racisme blanc à l'égard des Africains... Il nous paraît pourtant intéressant de publier cet article, parce qu'il donne le point de vue d'un Africain, vivant et étudiant en Côte d' Ivoire. Il donnera peut-être lieu à des réactions et à un débat que son auteur assume et espère.

Certaines personnes disent de l’Afrique que, cinquante ans  après les indépendances des Etats africains, elle avance, certes lentement, mais  qu’elle  avance. Ne nous laissons pas leurrer par cette apparence car en réalité ce n’est ni plus, ni moins qu’une politique de l’autruche i.e. un pas en avant et deux pas en arrière. De ce point de vue, il faut identifier les problèmes majeurs afin de prendre les mesures adéquates qui s’imposent à ce continent pour le sortir de cet état chaotique.



1er avril 2011 Michel Cornu
Compte-rendu du livre Dire le tragique de François Chirpaz

Cet ouvrage comprend sept essais parus préalablement dans des revues différentes. Tous ont été retravaillés, si bien que ce livre, malgré la diversité des thèmes abordés, de la naissance au tragique, de la solitude au jeu par exemple, forme une unité.



20 février 2011 Michel Cornu
Compte-rendu de deux livres de Georges Corm

L’Europe et le mythe de l’Occident. La construction d’une histoire,
et
Le nouveau Gouvernement du Monde. Idéologies, structures, contre-pouvoirs,

Pourquoi présenter ensemble ces deux ouvrages ? La date rapprochée d’édition n’est pas une justification suffisante. Il y a, en fait, un lien intrinsèque entre ces deux livres : c’est dans l’histoire de l’Europe et la construction de l’Occident qu’il faut chercher les origines du néolibéralisme actuel 



6 février 2011 François Chirpaz
Jean Nabert - Essai sur le mal

L'Essai sur le mal  est le dernier des livres d'une oeuvre restreinte  (trois ouvrages parus de son vivant), mais singulièrement  dense et à l'expression délibérément austère. Ouvrage ultime d'une oeuvre attentive à dégager et à ressaisir, dans l'expérience humaine, l'aspiration à l'absolu qui accorde à l'existence sa réelle dimension spirituelle.



20 janvier 2011 Pierre-Marie Pouget
O Solitude !

J’ai reçu d’une poétesse un sonnet qui commence par cet alexandrin :

« O Solitude immense et incommensurable ».



20 janvier 2011 Claude Calame
Les Universités européennes et la logique de concurrence quantitative

On se souvient sans doute de la déclaration tranchante faite par Nicolas Sarkozy à l’intention des lectrices et des lecteurs de 20 Minutes en date du 4 avril 2007 : « Vous avez le droit de faire de la littérature ancienne, mais le contribuable n’a pas forcément à payer vos études de littérature ancienne si au bout il y a mille étudiants pour deux places ». Il n’est pas besoin d’une subtile analyse des discours pour démonter les arguments biaisés d’une rhétorique dont on connaît désormais la vacuité.



20 janvier 2011 Bibliothèque
Nous vous proposons un livre de Libero Zuppiroli

Faut-il poursuivre le rêve américain
?

Quel progrès pour les universités européennes du futur ?

Libero Zuppiroli, professeur de physique à l’EPFL, a choisi de s’interroger ici non sur le progrès scientifique lui-même, mais sur le progrès des institutions du savoir à l’aube de la grande mutation engendrée par les accords de Bologne. Les Universités européennes sont-elles réellement sur la voie du progrès en empruntant le modèle américain? Comme un certain nombre d’étudiants en Europe, le professeur Zuppiroli qui revient d’une année sabbatique à l’Ecole polytechnique de Paris et à l’Université de Strasbourg, nourrit quelques doutes et les exprime avec force. Une argumentation qui vient alimenter un débat d’idées indispensable au monde universitaire mais aussi à la société dans son ensemble.



20 janvier 2011 Aimé César Maxime OGA
Dépistage VIH proposé en routine chez les enfants de 6 à 26 semaines dans les services pédiatriques en Côte d’Ivoire : interprétations locales, limites et nouvelles questions

En Afrique, et plus particulièrement en Côte d’Ivoire, les études portant sur le dépistage se sont essentiellement intéressées aux personnes adultes. De plus, dans le cadre de la prévention de la transmission du VIH de la mère à l’enfant (PTME), ces études se sont penchées surtout sur le dépistage de la mère. Dans ce cadre de la PTME, l’acceptation du dépistage VIH par les femmes n’était pas vraiment libre, car elle exigeait l’avis favorable de l’époux (Dédy S., et Gozé T.1995). L’acceptation du test VIH chez les femmes en état de grossesse se subordonnait donc à l’approbation de leur époux (Coulibaly D. et al. 1995).



20 janvier 2011 Marcel Kouassi N'dri
Gilbert Simondon : Un optimisme technique sans illusion

La philosophie de la technique de Gilbert Simondon offre une approche nouvelle des objets techniques artisanaux et modernes. « L’objet qui sort de l’invention technique emporte avec lui quelque chose de l’être qui l’a produit, exprime de cet être ce qui est le moins attaché à un hic et nunc; on pourrait dire qu’il y a de la nature humaine dans l’être technique, au sens où le mot de nature pourrait être employé pour désigner ce qui reste d’originel, d’antérieur même à l’humanité constituée en l’homme ». Cette perception nouvelle fait de l’objet technique une réalité humaine et culturelle dont la connaissance conduit à un optimisme et à un humanisme technique, de sorte à faire de la coévolution de la culture et du progrès technique un facteur déterminant du développement durable.



2010
25 novembre 2010 Christophe Gallaz
Mort et vie du respect aujourd'hui

Pour évaluer ce qu’il en est du respect dans nos sociétés actuelles, il faut rappeler la signification de ce terme au gré des dictionnaires. Elle est simple. Respecter quelqu’un, c’est se comporter envers lui d’une façon réservée. C’est éprouver à son égard un sentiment de considération sereine.



23 octobre 2010 Véronique Hervouët
Les dessous archaïques de la crise identitaire

Parler de la crise identitaire c’est tout d’abord la situer dans son contexte de crise généralisée : crise économique, crise de l’éducation, crise de l’enseignement, crise des institutions... On peut se douter que ces crises ne sont pas seulement concomitantes. Elles résultent et participent d’un effondrement systémique de la civilisation occidentale. Mon propos consiste à repérer la lame de fond qui l’anime.



7 septembre 2010 Sylvie Bonzon
Kierkegaard et la littérature : aux trousses d'un chat fugueur.

" C'est vrai, ce projet de biographie, ce n'était peut-être pas une bonne idée. " p.13

Ce qui est perdu entraîne d'emblée son lecteur dans un monde kierkegaardien; non seulement la biographie en question est celle de Kierkegaard, mais le projet lui-même est un chef- d'œuvre de "communication indirecte"…inaboutie: " je voulais te parler " ( ibid.). Et plus il avance dans sa lecture, plus le lecteur peut apercevoir – et souvent, sans doute, rater – des signes, des marques imprimés par le penseur danois dans le discours de son pseudo – biographe. Il serait un peu vain de les vouloir tous recenser, classer et confronter à leur source. Surtout, ce serait inadapté au ton de ce bref roman, à son ironie, à son humour, à la cocasserie de tel ou tel épisode, à la singularité des figures qui y foisonnent… bref, inadapté au " climat " kierkegaardien dont il nous imprègne peu à peu :



3 août 2010 Jean-Gobert Tanoh
Côte d'Ivoire : l'épreuve du concept

Le 7 décembre 1993 est annoncée la mort du premier président de la Côte d’Ivoire : Félix HOUPHOUET-BOIGNY. La constitution ivoirienne, en pareil cas et en son article 11, donnait possibilité au président de l’assemblée nationale d’achever le mandat en cours. Et c’est ainsi que Henri Konan BEDIE accéda au pouvoir d’Etat. Cette disposition constitutionnelle, fortement contestée, parce que perçue par beaucoup en Côte d’Ivoire comme discriminatoire (maintien du groupe ethnique Akan au pouvoir), est  a priori la cause historique du drame ivoirien. Les contestations, parfois violentes, du pouvoir Bédié conduisent fatalement au coup d’Etat du 24 Décembre 1999. Dès lors s’installe sérieusement en Côte d’Ivoire une instabilité sociale et politique (plusieurs tentatives de coups d’Etat) qui malheureusement aboutit à la rébellion du 19 Septembre 2002.



3 août 2010 Hugues Poltier
Contre-humorale à Michel Cornu
La Suisse est enterrée dans le cimetière du capitalisme


Peut-être les choses sont-elles bien plus graves que ne semble le croire Michel Cornu … et peut-être aussi que cela ne date pas d’hier, décidément.
Peut-être nous sommes-nous raconté des histoires en pensant que la démocratie était un système politique dans lequel la volonté de ses membres constituait l’ultime souverain.
Peut-être nous sommes-nous dessinés de jolis châteaux de sable en Espagne lorsque nous nous chantions les récits héroïques de notre démocratie fondée sur la dignité humaine et morale de chacun-e d’entre nous ; ces fariboles étaient tellement belles ! Nous prenions plaisir à les chanter, ensemble, autour du feu du 1er août qu’avaient diligemment préparé, sous la direction de nos autorités ventrues et vineuses, les mains grasses de nos saisonniers.



20 juin 2010 Michel Cornu
La Suisse est enterrée dans le cimetière du capitalisme


L’UBS veut jouer dans la cour des grandes banques. Elle devient un des plus importants établissements financiers des USA. Elle y mène des activités dont, sans doute, tout professionnel, Directeur général de la banque en son siège suisse notamment, peut connaître les arcanes.



30 mai 2010 Véronique Hervouët
Vous avez dit "vulgaire" ?

« Téléréalité », magazines « people », émissions « trash », étalage de l´intimité sur la scène publique, banalisation de l´obscénité et du vocabulaire ordurier jusqu’au plus haut niveau de la représentation politique... C’est au cours des quarante dernières années que s’est accomplie cette submersion de la scène et du discours publics par la vulgarité. En tel contexte, quel sens pouvons-nous donner à ce terme aujourd’hui et, par delà, à cette fuite en avant ?



30 mai 2010 Une nouvelle publication aux éditions "L'Harmattan"

Edouard de Perrot
Cent milliards de neurones en quête d'auteur
Aux origines de la pensée


Prolongeant son Abrégé de psychologie buissonnière qui aborde le problème de l’articulation entre corps et esprit, l’auteur approfondit ce thème récurrent en s’interrogeant sur les incertitudes qui demeurent dans la compréhension de leurs rapports et en les explorant. Le débat qui persiste entre ces deux entités se stérilise bien souvent dans un combat inégal en raison de leur hétérogénéité non reconnue. Freud, Bergson, Ricœur, Merleau-Ponty, Staune, mais aussi Jacques Monod, Changeux, Rosenfield, Kandel, Edelmann ont abordé ce problème, de façon très diverse.



30 mai 2010 Une nouvelle publication aux éditions "L'Age d'Homme"

Bernard Andrieu
Le monde corporel
De la constitution interactive du soi

Voici un ouvrage à la pointe de la recherche menée actuellement entre la phénoménologie, la neurologie et la neuro-psychiatrie, sur la question de la corporéité et du cerveau. Connaisseur aussi bien de la tradition philosophique européenne que des différents courants de la Philosophy of Mind anglo-saxonne, auteur de nombreux livres, Bernard Andrieu (Université Nancy 2) livre avec ces pages son ouvrage le plus abouti en même temps que le plus synthétique de l'ensemble de ses travaux.



21 mars 2010 François Chirpaz
Hume et le procès de la métaphysique

« Il importe à la pensée de savoir si elle se dupe elle-même en imprimant à sa démarche une orientation métaphysique ou bien si, ce faisant, elle réalise sa possibilité propre, accédant à la vérité de son être et de sa destination. »Cette phrase qui ouvre l’ouvrage que j’ai publié sous ce titre indique d’emblée le centre du propos : une interrogation au sujet de la validité de la prétention de la raison à penser et à connaître l’homme dans le monde et dans la vie, en se rapportant à un horizon de transcendance. Une interrogation sur la métaphysique et sa validité, conduite à partir de la critique que Hume en fait tout au long de son œuvre, depuis le Traité de la nature humaine, jusqu’aux Dialogues sur la religion naturelle.



21 février 2010 Jean-Gobert Tanoh
De la vérité vivante du concept de développement (Conférence de Taipei)

La présente rencontre témoigne, chers hôtes, de l’attention nécessaire que vous accordez à l’Afrique dont l’image d’une humanité reluisante reste à construire. L’Afrique, riche naturellement, est malheureusement le continent de l’épouvantable misère humaine, où la majorité des personnes  se trouve dans des conditions infrahumaines.
Que le thème central de cette rencontre  porte sur le développement durable est la preuve que, au-delà des perspectives économiques, ce qui vous préoccupe c'est l’humain comme expression du sens de l’être de l’homme et de sa dignité.



21 février 2010 Christophe Gallaz
Quand les animaux sauvages auront fini de disparaître à la surface de la planète

Animaux sauvages, quelques chiffres. Plus de 16'000 espèces animales sont menacées de disparition à court et moyen terme. L'ours polaire, l'hippopotame et maintes gazelles sont condamnés. Un amphibien sur trois, un oiseau sur huit et un mammifère sur quatre sont menacés d’extinction.



6 février 2010 Pierre-Marie Pouget
L'itinéraire philosophique de Ferdinand Gonseth

La vie et l’œuvre de Ferdinand Gonseth s’entrelacent en un itinéraire philosophique, dont les étapes nous découvrent les questions auxquelles le philosophe a été confronté et dans quelle perspective, il les a abordées.



6 février 2010 Michel Cornu
Détournement


Je pense que la grande illusion tragique de la modernité a été de croire à la possibilité d’une autonomie, c’est-à-dire de se donner, en tant qu’être rationnel, soi-même et à soi-même sa propre loi.



23 janvier 2010 Pierre Yves Lador
Ce qui est sans forme se camoufle pour se révéler ou se révèle pour se camoufler...

Ce qui donne forme aux formes ne peut être énoncé, ce qui peut être énoncé n’est pas lui. Ce qui donne forme aux formes n’a pas de forme.



23 janvier 2010 Christophe Gallaz
Monsieur de Vasella

La crise financière en cours éclaire beaucoup de processus sociétaux discrets. Au moins deux d’entre eux sont perceptibles aujourd’hui. Le premier? C’est le brouillage, en voie d’achèvement, de tous les repères qui nous avaient permis jusqu’ici de distinguer le réel de l’irréel. Le second? C’est le rétablissement, à la faveur de ce brouillage-là, d’une nouvelle aristocratie ne cessant plus de justifier ses privilèges.



2 janvier 2010 Claude Calame
Le Président de la Confédération suisse,les droits de la personne et l’Etat de droit
(Lettre ouverte)


Que vous ayez tenté, Monsieur le Président de la Confédération, de vous concilier les grâces d’un tyran présomptueux et cynique, et de quelques membres peu recommandables de sa richissime famille, n’étonnera personne. Quelles qu’en soient les humiliantes et désastreuses conséquences, votre démarche s’inscrit en somme dans la politique générale de la Confédération et singulièrement dans celle de votre département...



2 janvier 2010 Claude Calame
Destruction des jungles de Calais : Une entreprise de salut public et humanitaire ?


« L’opération de démantèlement de la “jungle“, réalisée le 22 septembre, fut un succès : l’objectif, qui était de détruire un campement insalubre et une plaque tournante des filières clandestines à destination de l’Angleterre, est atteint. La zone a été rendue à son état naturel, et deviendra une zone de développement économique ». La destruction policière des abris de fortune érigés sur la côte française de la Manche par les milliers de migrants tentant de rejoindre la Grande Bretagne est donc une oeuvre de salut public : sanitaire, humanitaire, écologique avec, comme perspective lumineuse, le but ultime de tout régime néo-libéral – l’épanouissement de l’économie. Sans doute est-ce ainsi qu’Eric Besson entend réaliser l’intitulé de son Ministère : «immigration, intégration, identité nationale et développement solidaire».



2009
1 novembre 2009 Jean-Gobert Tanoh
L'exigence d'une lecture substantielle de soi

Nul doute que la première expérience qui s’offre à l’homme, dès qu’il prend conscience de lui-même et du monde, est bien la diversité plurielle des choses et des êtres humains. L’homme ne manque pas de noter, dans l’écoulement continu du temps, la persistance de cette variance quand il se rapporte aux choses et à la communauté humaine.



18 octobre 2009 François Chirpaz
L'esprit tragique

Comment accéder à la sagesse qui permet à chacun de prendre une juste mesure de son destin et d’habiter sa vie d’une manière relativement sereine car lui reconnaissant du sens sans avoir jamais été confronté à l’épreuve qui le met en face de la fragilité de cette même vie qu’un rien peut briser ou en entraver le cours ?



20 septembre 2009 Jean-Pierre Fragnière
La tyrannie de la performance

Nous le savons bien, le burn-out ne tombe pas du ciel, il s'inscrit dans un mécanisme redoutable, parfois prévisible, souvent apparemment totalement inattendu. L’heure n’est pas à cultiver le regard morose, pessimiste ou obsessionnellement critique. Cependant, il peut être utile ou en tout cas fécond de ne pas se voiler la face. Ne dit-on pas : un homme averti en vaut deux ?



13 septembre 2009 Gérald Berthoud
Avenir radieux ou autodestruction ?

Selon un point de vue largement partagé, le monde actuel est dans une situation de crise généralisée. En particulier, individus et collectivités sont profondément affectés dans leurs manières de penser, de faire et d’agir. De multiples mouvements génèrent des tensions constantes. Tels sont les replis identitaires, à la fois religieux et propres aux particularismes culturels, les revendications nationales et les forces globalisantes, mais discriminantes des domaines scientifique, technique et économique. Ce temps d’incertitudes est encore celui de plusieurs fractures, celles du genre, des générations, ou encore des classes sociales. Tout semble confirmer, à l’échelle planétaire, la violence que constitue l’écart grandissant entre un enrichissement sans borne et un appauvrissement avilissant. Partout s’affichent, avec plus ou moins de force, l’instabilité des sociétés et la fragilité des individus. Autant de phénomènes qui se mondialisent et qui entraînent à proprement parler une dissolution des rapports sociaux à tous les niveaux et simultanément des formes exacerbées d’individualisme.



4 juillet 2009 Michel Cornu
La musique et/est le temps

Les philosophes, pour la grande majorité d'entre eux, ont surtout été intéressés, pour ne pas dire fascinés, par ce qui se laisse voir, par la représentation, par le concept, en allemand, "Begriff", de "greifen", saisir. Or la musique ne donne rien à voir, elle résiste au concept. Elle n'est pas de l'ordre du phénomène, mais de l'événement, c'est-à-dire de ce qui surgit de l'extérieur et vient à nous dans son unicité et dans l'unicité de l'instant. Pas de l'ordre de la connaissance, mais de la conscience qui précède la connaissance.



21 juin 2009 Georges Corm
L'altérité : connais pas !

Nous sommes obnubilés, au Liban comme dans le monde, par le problème, sinon le danger, que présentent diverses formes d’altérités que nous qualifions arbitrairement de radicales, d’exotiques, d’inquiétantes et d’imprévisibles. Les concepts d’altérité et d’ethnicité sont à la mode en ces temps d’obscurantisme fondamentaliste dans l’affirmation théâtrale de l’identité que produit la globalisation du monde.



17 mai 2009 Pierre-Marie Pouget
Caractères fondamentaux de la coévolution des techniques et de l’homme

Je me propose de brosser un tableau sommaire de la coévolution des techniques et de l’homme, pour en dégager des caractères fondamentaux. Mon exposé s’appuie sur les vues d’André Leroi-Gourhan et de tous ceux qui dénoncent la dichotomie du geste et de la parole, de la main et de la pensée.



17 mai 2009

L'OrPhi a le plaisir de vous inviter à une conférence-rencontre
en compagnie de François Félix

La philosophie et le terrible, figures du sublime



François Félix, la philosophie et le terrible, figures du sublime


Mercredi 27 mai 2009
à 20h au Théâtre du Lapin Vert (sous le bar du même nom), Société de Belles-Lettres, Lausanne



10 mai 2009 Jean-Pierre Kouakou Bah
Culture et santé en Côte d'Ivoire : analyse transculturelle des objets de santé infantile liés à la maladie de l'oliseau

Dans la puériculture traditionnelle ivoirienne, la maladie de l’oiseau est une crise convulsive qui survient généralement chez les enfants de moins d’un an. L’étiologie de cette maladie fait l’objet de diverses interprétations communautaires. Celles-ci sont d’ordre ornithologique (liées à des espèces d’oiseau), alimentaire (liées à la consommation d’aliments interdits) ou se rapportant au climat (la pluie).

Les communautés observées à travers les quatre grands groupes ethniques ivoiriens montrent également l’utilisation de divers objets confectionnés par les tradithérapeutes pour prévenir ou traiter cette maladie. L’analyse transculturelle des objets infantiles a permis d’établir la spécificité de chaque aire culturelle à partir de leur composition, leur fonction et le mode d’utilisation.

Cette réalité culturelle a conduit à une réflexion épistémologique sur la santé publique et l’anthropologie médicale. Celle-ci fait état d’une part de la prise en compte des savoirs locaux dans les programmes de développement sanitaire. D’autre part, pour y parvenir, l’anthropologie médicale doit révéler à la santé publique la dimension socioculturelle de la maladie. Pour atteindre l’objectif d’un programme efficient à la promotion de la santé des populations, les deux disciplines doivent collaborer.



30 avril 2009 François Chirpaz
Utopie, part du rêve

Toute action relève, au même titre que le travail, d’une technique, adaptation de moyens à la fin envisagée. Une technique évidemment variable selon les domaines de sa mise en œuvre, mais impliquant toujours choix des moyens et leur ajustement à la fin à réaliser. Pourtant, dans le domaine social ou politique, le choix des moyens n’est jamais simplement technique car agir dans la communauté et sur des hommes est toujours, à quelque degré, en rapport avec la morale. Dès lors qu’il y a rapport à des hommes, en effet, on ne peut faire l’économie de la morale.



30 avril 2009 Une nouvelle publication de Bernard Baertschi
La neuroéthique
Ce que les neurosciences font à nos conceptions morales






Depuis quelques décennies, les progrès de l’imagerie cérébrale (scanners et résonance magnétique) ont permis un développement sans précédent de notre connaissance du cerveau. Comme souvent – pensons au génie génétique –, les avancées scientifiques et les applications qu’elles rendent possibles soulèvent des questions éthiques fondamentales. Leur enjeu apparaît ici d’autant plus décisif qu’elles concernent un organe qui symbolise pour beaucoup la personne elle-même : mieux connaître le cerveau, c’est mieux nous connaître ; et agir sur lui, c’est agir sur notre identité. Jusqu’où pouvons-nous et devons-nous aller ? Au-delà des problématiques proprement éthiques, le domaine de la neuroéthique s’étend à des questions philosophiques fondatrices, que les neurosciences renouvellent en profondeur : la nature de l’être humain, les rapports de l’âme et du corps, le libre arbitre ou l’identité personnelle. Cet ouvrage est principalement consacré à quatre de ces questions : le rôle, classiquement dévalorisé par les philosophes, des émotions dans nos décisions morales ; la place de la responsabilité et de la liberté individuelle à l’épreuve du déterminisme cérébral ; l’observation des états mentaux à travers la neuro-imagerie qui réactive un vieux rêve, lire dans l’esprit ; et enfin l’amélioration des capacités humaines que promettent les médicaments du cerveau. En soumettant les neurosciences à l’examen philosophique et, réciproquement, en étudiant en quoi leurs avancées nous obligent à repenser nos conceptions morales, cette réflexion solidement argumentée évite à la fois un refus de principe et un enthousiasme naïf.



18 avril 2009 Christophe Gallaz
Théâtre de la gratuité, mort du don

Jamais ne se sont autant confondus le spectacle de la gratuité comme artifice commercial, et la réalité du quant-à-soi guerrier et de l’exclusion pratique. Une vraie machine à scier les têtes.



8 avril 2009 Lucien Oulahbib
Idéologie et terreur - A propos d'Hannah Arendt

Qu’aurait écrit Hannah Arendt aujourd’hui sur le totalitarisme ?



21 mars 2009 Raymond Court
L'essence du cinéma à la lumière de la philosophie bergsonienne

Le grand mérite du double livre de Gilles Deleuze sur le cinéma (Tome I : L’image- mouvement et Tome II : L’image-temps), outre son intérêt de commentaire du texte bergsonien lui-même, est sa profondeur de vue sur le septième art. Preuve éclatante, s’il était nécessaire, que la référence pertinente à une grande philosophie constitue un apport tout à fait majeur pour l’approche du champ esthétique. Ainsi le livre de Deleuze expose toute la richesse de cette dialectique d’éclairage réciproque entre l’art du cinéma et la profondeur de la pensée bergsonienne.



8 mars 2009 Jürgen Brankel
Théorie et pratique chez Auguste Comte

La théorie comtienne n’est pas un pragmatisme ; car elle manque d’une élaboration spécifique de l’agir. En effet, Comte attribue au travailleur manuel ou à l’industriel une haute valeur, mais il ne fait pas d’investigation sur ce que c’est que changer la présence ou la structure du monde donné. L’action est évoquée chez Comte comme la contrepartie de la théorie qui, elle, est le travail de l’intellectuel. Le monde social chez Comte est distribué entre les travailleurs manuels, c’est-à-dire les ouvriers, et les travailleurs de l’esprit, c’est-à-dire les intellectuels...



28 février 2009 Michel Cornu
Y a-t-il un avenir pour l'homme ?

Le piège évident d'un tel sujet, présenté sous forme d'interrogation, est de se laisser entraîner à une réponse, que celle-ci d'ailleurs, soit affirmative ou négative. Piège de l'idéologie, piège d'autant plus facile que la réponse prétendra à une justification scientifique. On vous dira: "Pensez donc, notre étude se base sur tel modèle qui a fait ses preuves. Nos statistiques sont établies sur telle exemplification ce qui nous permet d'affirmer qu'à 2% près nos chiffres sont exacts." Il serait facile de démontrer que, la plupart du temps, on peut faire dire autre chose aux conclusions soi-disant définitives. On affirme, par exemple, ou peut-être affirmait-on, que la croissance économique est plus forte aux USA qu'en Europe. Dans l'absolu des pour cent, c'est vrai, mais si l'on met ces chiffres en relation avec la croissance démographique et que l'on compare l'ensemble des données, alors la première conclusion n'est plus valable et l'on obtient de toutes autres valeurs. Quand l'actuel président français charge Jacques Attali d'évaluer la situation française, on peut se demander ce que Jacques, alias Attali, mesure, et qui évaluera l'évaluateur pour situer sa compétence et son objectivité. Jacques Ellul, à mes yeux un des esprits les plus lucides de la deuxième moitié du XXè siècle, affirmait qu'aucune prévision ne s'était avérée juste.



8 février 2009 Bernard Baertschi
Prise d’otages et terrorisme: l’analyse conceptuelle et normative de Joseph Bochenski

Joseph Bochenski a enseigné pendant de longues années à l’Université de Fribourg. Il a pris sa retraite en 1972. Représentant de la philosophie analytique – l’un des tous premiers en Suisse –, il appartient à ce courant que Roger Pouivet a appelé le thomisme analytique. Les études qu’il a publiées dans le domaine de la logique et de l’histoire de la philosophie contemporaine sont bien connues. Celles sur l’éthique et la philosophie politique le sont moins (si l’on excepte ce qu’il a écrit sur l’Union soviétique). On doit toutefois mentionner son livre sur l’autorité, qui propose des distinctions que d’autres réinventeront plus tard. Ce qui par contre est passé presque inaperçu, c’est sa contribution à une brochure parue en 1974 à Genève, intitulée La prise d’otage. Ce n’est pas étonnant, vu le caractère local de cette publication.



8 février 2009 Grégoire Traoré
L’heuristique de la peur et les contresens de la modernité.

Cet article  analyse le concept de l’heuristique de la peur de Hans Jonas, à partir d’une critique de la lecture que Hans Achterhuis fait de ce concept. Que vaut un tel concept ? Ce  concept a-t-il le même contenu sémantique que celui de la peur tout court ? Pourquoi la plupart des philosophes continuent-ils à faire une confusion entre ces  deux  concepts, alors qu’ils n’ont rien de semblable ? Par ailleurs, peut-on ériger la peur en un principe moral ?



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