Par le Dr Samba Diakité
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Rubrique Politique
28 janvier 2007
INTRODUCTION
Le malheur d’un peuple commence par la négativation voire la néantisation de sa langue. Or, néantiser la langue de l’Autre, c’est refuser sa culture ; c’est ne pas l’admettre comme un substrat humain ; c’est lui refuser toute appartenance à l’Humanité. Car la langue est l’identité d’un peuple, le repère d’une civilisation, le fondement de toute culture. Toute histoire est d’abord histoire d’une langue, des langues , au point que l’on pourrait dire que l’histoire d’un peuple se confond avec la langue de ce peuple, du moins elle naît de la langue de ce peuple comme l’histoire de l’humanité naît d’une première langue jamais révélée.
Pour l’Afrique, l’histoire ne semble pas avoir commencé dans la mesure où ses langues ont été néantisées et ont fini par n’apparaître que comme des signes, des dialectes incompréhensibles dont l’utilité n’est rien d’autre que l’antichambre du savoir. Ce constat du colonisateur européen montre à quel point la langue de l’indigène n’est que l’indigène des langues comme la langue du barbare est elle- même une langue barbare, disons la barbare des langues. Au- delà de tout discours, il faut reconnaître que lorsque le colonisateur européen a foulé le sol africain, son premier souci a été, sans nul doute, d’apprivoiser le Noir en barbarisant sa langue, en lui imposant une langue plus forte, la langue de la civilisation, de l’ouverture au monde et donc à l’Histoire. Désormais, les primitifs, les sauvages, les hommes à la mentalité prélogique, pourraient prétendre à l’histoire universelle, mais à la condition d’apprendre et de faire siens la langue universelle de l’histoire, la langue de l’histoire universelle. N’est-ce pas que l’histoire de l’Africain ne peut s’écrire que dans la langue de l’Autre, du colonisateur ? À partir de cet instant, la langue devient le premier instrument de la domination, de l’assujettissement et de l’encagement de l’Afrique. « Il y a domination, nous dit Herbert Marcuse, chaque fois que sont donnés par avance à l’individu, et vécus par lui comme tels, les buts auxquels il aspire et les moyens qu’il a d’y atteindre. » [1] Une langue dominée équivaut donc à un peuple dominé. Dans de telles conditions, comment fallait-il sortir de ce labyrinthe de la glottophagie ?
Des intellectuels africains, par la mise en place du mouvement de la Négritude, vont essayer de s’adapter à la nouvelle domination-servitude du colonisateur en écrivant dans sa propre langue, en étalant la culture africaine en langue étrangère,en montrant aux colonisateurs que l’Africain pouvait aussi bien parler la langue du colonisateur que le colonisateur : c’est le culte de la différence. Dès lors la langue combattue devient la langue de combat des intellectuels africains. L’instrument de la domination, c’est- à- dire la langue colonisatrice qui devait appréhender tout le monde finit par se laisser appréhender par tous. Cette langue devient dès cet instant, une intention et un moyen pour le colonisé, « L’intention de faire passer un message en utilisant un moyen que le destinataire du message reconnaît comme moyen de communication. » [2] Cet ‘’emprunt ‘’ nécessaire de la langue du colonisateur n’a-t-il pas fini par scléroser les langues locales dites indigènes ? La langue dite universelle n’est elle pas ce biais par lequel l’Africain s’attache, se perd, se détache et se détourne ? Le but de notre article serait donc de poser la problématique des langues dites universelles dans l’Afrique coloniale et post-coloniale en montrant que l’Histoire des écrivains africains est d’abord l’histoire de la Langue comme avènement d’une option nécessaire dans une diversité des possibles. Elle l’oblige à utiliser une langue dont il n’est pas le maître et à oublier celle qui l’a vu naître. « Or c’est là où l’Histoire est refusée qu’elle agit le plus clairement ; il est donc possible de tracer une histoire du langage littéraire qui n’est ni l’histoire de la langue, ni celle des styles, mais seulement l’histoire des Signes de la Littérature, et l’on peut escompter que cette histoire formelle manifeste à sa façon, qui n’est pas la moins claire, sa liaison avec l’Histoire profonde. » [3]
I- LA LANGUE COMME UNE HYPHOLOGIE
« On sait que la langue est un corps de prescriptions et d’habitudes, commun à tous les écrivains d’une époque. Cela veut dire que la langue est comme une Nature qui passe entièrement à travers la parole de l’écrivain, sans pourtant lui donner aucune forme, sans même la nourrir : elle est comme un cercle abstrait de vérités, hors duquel seulement commence à se déposer la densité d’un verbe solitaire. Elle enferme toute la création littéraire à peu près comme le ciel, le sol et leur jonction dessinent pour l’homme un habitat familier. Elle est bien moins une provision de matériaux qu’un horizon, c’est-à-dire à la fois une limite et une station, en un mot l’étendue rassurante d’une économie. » [4] Cette définition de Roland Barthes, si restrictive soit-elle de la langue, montre clairement que la langue est avant tout rapport de l’homme à l’homme, et rapport de l’homme à la Nature.Toute langue est en soi une interprétation, une diction et une communication. Pour communiquer, il faut être et il faut l’Autre. Mais comment connaître une langue si on ne la comprend pas et inversement comment comprendre une langue si on ne veut pas la connaître ? La langue est l’habitat d’une culture, son logis indifférencié mais aussi sa limite hors de laquelle elle n’est plus elle-même, elle se diffracte et demeure fragile et sans abri, et par conséquent, reste soumise à toutes les velléités de re-possession et d’enterrement précipité. La langue est donc création, création in-finie de soi pour l’ouverture à l’Autre. « La voix est le moyen qu’a un individu de sortir de lui-même pour aller toucher l’autre à distance » [5] si bien que par la langue, l’homme se temporalise, se spatialise et se visualise. Cependant, cette ouverture nécessite la prédisposition de l’Autre à rencontrer ce qui n’est pas lui, ce qui est en dehors de lui mais qui l’élève en un au-delà de soi, le soi culturel. Le soi culturel, c’est la libre volonté de l’homme de sortir de soi pour emmagasiner un savoir, le savoir de l’Autre pour le transposer dans l’universalité de son propre savoir. En fait, le soi- culturel, c’est le savoir- vouloir. Vouloir reconnaître l’Autre et sa culture, les confronter à notre propre savoir pour savoir vraiment.
La langue est donc un tout, à la fois co-naissance et connaissance. Elle est une valeur, mais une valeur qui n’est reconnue comme telle que si elle est mise en feuille et en feu pour qu’elle se déchire et s’enflamme. Mettre une langue en feuille, c’est l’écrire pour la rendre visuelle ; c’est non seulement décider de la transcrire dans une autre langue, mais c’est aussi et surtout l’interpréter. Or toute interprétation prête à suggestions .Si nous voulons revenir à la définition de la langue donnée par Roland Barthes, nous pourrions dire qu’une langue transcrite et interprétée n’atteint jamais son but dans la mesure où elle est ce trait qui la sépare de ce qui est objectivement pensé à ce qui est subjectivement écrit, transcrit. Elle est près de son logis originel mais sans jamais l’atteindre. L’interprétation ne se lit que dans un espace fermé et cerné dans des lacunes qui la rendent signifiante, non pas comme de simples versants négatifs d’une vérité cachée,ni comme une ombre opacifiée à partir de laquelle la lumière se diffuse pour s’éteindre aussitôt, mais comme une illusion du déjà- existant, une signifiance du sens exact, le lieu idéal de la signification vraie, la limite mouvante du dé- voilement et de la dé- couverte. L’interprétation est un symptôme, la confusion du sens et de la valeur des langues ; c’est le nihilisme du sens et la déconsidération de la valeur culturelle. Cet effacement de l’originalité culturelle, cette surenchère du signifiant ne se donnet-elle pas comme une multivalence qui laisse libre cours à la fiction et à l’arbitraire du signe ? L’interprétation n’est-elle pas cette signifiance toujours instable de procédures divergentes, contradictoires et polysémiques ? L’interprétation est un procès qui porte le soupçon du ressentiment ; «c’est dire que toute interprétation a un impact « idéologique » et que toute généalogie est en même une typologie. » [6] Toute interprétation est figurée et invraisemblable. Elle n’est plus l’originelle et l’originale ; interprétée , la langue est défigurée, donc soumise à la déchirure ; comme une feuille, justement parce qu’écrite et interprétée, elle est une langue déchirée. Or ce qui est déchiré, semble ne convenir qu’à ce qui est prêt à être jeté, le jetable.
Mais quand dit-on qu’une langue est jetable ? C’est quand elle ne profite plus à soi, quand la langue devient idéologique et victimaire, quand la langue rencontre la violence. Dans un tel cas, elle perd son logis parce qu’elle est devenue une logologie pour dire n’importe quoi. Dire n’importe quoi consiste à vouloir considérer la langue de l’Autre comme une langue indigène, sauvage et barbare ; c’est prétendre que notre langue est pure en la fantasmant ; c’est concevoir illusoirement que les autres langues sont « des langues isolantes et agglutinantes. » [7] Ainsi donc le « n’importe- quoi-isme » [8] commence par la nomination de l’Autre d’un terme péjoratif ; on le discrédite, on bafoue sa culture et on lui donne un nom. Or comme le dit Jean Brun, « Donner un nom à quelqu’un ce n’est pas se donner seulement la possibilité de le désigner, mais c’est aussi vouloir se donner la puissance de le faire venir. L’appellation se veut également appel. » [9] On peut en déduire que donner un nom à une chose ou à un être, c’est avoir un pouvoir sur cette chose ou sur cet être ; c’est le faire advenir à soi ; c’est abolir toute séparation spatio-temporelle. Nommer, c’est partager l’existence de l’Autre. N’est-ce pas que nommer, c’est s’approprier ? Par ce droit de nommer, on se partage le monde géographiquement, culturellement et économiquement. La déchirure commence par la segmentation taxinomique. Et LouisJean Calvet le note bien : « Le mépris de l’autre (c’est-à-dire la méconnaissance ou l’incompréhension de l’autre assortie d’un souci et d’un effort de connaissance ou de compréhension) se manifeste dès les premiers contacts pré- coloniaux dans l’entreprise taxinomique. » [10]
Mais dans son ouvrage Qu’est-ce que la littérature ? Sartre nous a révélé que si nommer est un acte, la vérité est qu’une chose nommée n’est jamais tout à fait la même. Nommée, elle perd son authenticité et partant, son unicité pour se dissoudre dans la diversité. Elle perd son innocence pour devenir une ignorance, mais une ignorance- savante. « Si vous nommez la conduite d’un individu, nous dit Sartre, vous la lui révélez : il se voit. Et comme vous la nommez, en même temps, à tous les autres, il se sait vu dans le moment qu’il se voit ; son geste furtif, qu’il oubliait en le faisant, se met à exister énormément, à exister pour tous, il s’intègre à l’esprit objectif, il prend des dimensions nouvelles, il est récupéré. Après cela comment voulez-vous qu’il agisse de la même manière ? » [11] .
Nommer, c’est donc jeter la langue et une langue jetable est une langue inflammable. La feuille déchirée a pour unique sol de crédibilité le feu. Toute langue brûle lorsqu’elle est devenue feuille. Mais de nos jours, une langue devenue feuille et feu est une langue triomphante. Tout le monde veut la posséder mais tout le monde a peur de ses conséquences dévastatrices. N’est-ce pas que le feu brûle ?Or aujourd’hui, aucune culture, aucune civilisation ne peut vouloir ce qui brûle même si elle peut se vanter de le posséder ; ce qu’elle peut, au contraire, vouloir sans se vanter et qu’elle ne possédera jamais une fois pour toutes, c’est ce qui apaise. « Du moins, les soldats du Feu crient vers l’esprit de paix ; ils y croient ; ils ont confiance que cette guerre est la dernière, que leur sacrifice va servir à quelque chose, que les esclaves vont prendre en main le gouvernement de l’histoire et le conduire vers la justice et l’amour ; » [12]
Nous l’avons dit, la langue peut devenir feuille et feu pour brûler de luxuriance .Dans ce cas, elle est devenue ce que Barthes a appelé « l’entreprise de blanchissage idéologique de la langue (…) qui repose sur le refus de la coexistence au même moment du dit et du non-dit, du dénoté et du connoté. » [13] La communication-signification est mise en demeure. C’est la course aux fausses évidences et la langue devient ombre et ombrageuse, elle s’ouvre à tous les possibles et devient la langue de la haine et de la guerre.Suspect de compromission idéologique, elle n’est jamais neutre parce qu’elle est devenue instrument social. Elle est soumise au soupçon et au truquage. Dans le langage barthien, elle devient Ce-qui-va-de-soi, c’est-à-dire une idéologie qui tente de faire passer pour « naturel » ce qui est profondément « culturel »ou « historique » ; l’histoire se trouve donc truquée par l’apparence des fausses évidences ; le masque de la tromperie et de la duperie se concrétise par la mise en forme et en scène de la langue et de ses signes : l’écriture est née. « Et l’écriture sera d’abord une conformité, le signe de l’adhésion à une classe, puisqu’aussi bien ceux qui écrivent sont près du pouvoir, dans la mouvance de la cour. » [14]
Dès lors, qui n’écrit pas n’est rien. Écrire, c’est entrer dans l’histoire ; c’est entrer dans la Cour des Grands. L’écriture c’est la vie, c’est le Paradis ; le monde n’est-il pas une Écriture de Dieu ?Une langue non écrite perd toute sa crédibilité et devient par conséquent une langue morte sans saveur, non universelle, inapte à l’histoire et au temps. Or une langue non universelle est une langue ignorante. L’écriture devient une clôture du monde qui n’est franchissable que par des initiés ; elle semble être ce labyrinthe dont la clé de voûte n’appartient qu’aux seuls maîtres, ceux de l’alphabet. Elle devient l’idéologie de la séparation et de l’exclusion. Elle tisse la toile de la domination et de la suprématie des logothètes, des fondateurs de langues. Le tissu du monde devient unicolore par l’écriture, qui peut se jouer du monde en le manipulant. L’élévation et la décadence deviennent les jeux de l’écriture. Le monde devient un texte mis en scène ; cette scène est écrite et jouée par les écrivains. Et les acteurs finissent par confondre le rideau et la pièce elle- même. Comme scène, le monde devient un texte pris dans un entrelacs perpétuel ; c’est ce que Barthes appelle une hyphologie, « telle une araignée qui se dissoudrait elle-même dans les sécrétions constructives de sa toile. » [15] Et comme hyphologie, la langue devient cannibale, anthropophage, dans la mesure où elle néantise l’Autre dans sa différence pour n’en retenir que ce qui peut la rendre universelle.
II-LES LANGUES UNIVERSELLES : LANGUES EXCLUSIVES OU LANGUES DE LA DOMINATION ?
La langue du colonisateur a été considérée comme une langue universelle. « Universel veut dire : ce qui, unique, verse pourtant dans tous les sens. L’infini entre dans le corps de qui, longuement, traverse une rivière assez dangereuse et large pour connaître ces parages hauturiers où, quelque direction qu’on adopte ou décide, la référence gît indifféremment loin. » [16] De cela, les raisons, bien que suspectes, semblent être les suivantes : comme langue du colonisateur, elle est la langue du Pouvoir. Son assise se valorise par son écriture ; quant aux langues indigènes, elles sont indigestes parce qu’elles sont considérées comme langues non écrites et par conséquent soumises à la subordination et à l’esclavage. À partir de cet instant, le colonisé ne connaît sa langue que sous l’attribut d’une langue indigente. On lui fait savoir que sa langue est a-sexuée, que son vocabulaire est limité et que sa syntaxe est abâtardie. Sa langue est impersonnelle, blafarde et se limite à un présent qui, d’ailleurs, ne lui appartient pas. Il est soumis à l’amnésie culturelle. Bien qu’il soit chez lui, sa langue n’est pas nationale. Est déclarée langue nationale, la langue du Pouvoir, celle de la suprématie, celle qui est enseignée dans les Écoles et dans les Universités ; c’est elle seule qui donne lieu à une littérature parce que utilisée comme instrument politique, « c’est-à-dire une valeur de langage, donnée immédiatement comme universelle en vertu même des conjonctures historiques.» [17]
Dès lors, la langue locale se trouve considérée comme un dialecte n’obéissant à aucune convention orthographique. D’une société du plurilinguisme, on voudrait imposer une humanité de monolinguisme pour tuer chez tout colonisé l’instinct de socialisation, de mémoire et donc de réalisation de soi. Mais, poser la langue du colonisateur comme universelle, c’est ne l’admettre que comme un code écrit, une sorte de pasigraphie qui fait recours aux idéogrammes et à l’idéographie. La langue devient donc une affaire d’élite. Se lit ainsi une exclusion ; l’exclusion des autres du champ de la réflexion et de la construction culturelle. La langue universelle devient une folie.C’est l’exaltation de soi, l’obsession démesurée des aphasiques de la langue.
Pour connaître la langue, il faut aller à l’école du colonisateur, il faut apprendre son alphabet : c’est la re-colonisation dans la mesure où il faut tuer en soi sa propre identité pour se couvrir d’une autre ; cette ré-identisation des Africains a fini par créer des stéréotypes et des clichés grotesques et ridicules ; on parle blanc, on le singe et on veut se confondre à lui ; désormais , qui parle la langue du colonisateur, apparaît, lui aussi, comme un colonisateur ; on colonise les non initiés, ceux qu’on qualifie d’analphabètes ; une nouvelle race de mystificateurs voit le jour . Nos rues sont bondées des intellectuels nouveaux-régimes ; la grandiloquence, les jeux de mots, les parures écritoires du genre « Étudiant » en Philosophie, en Anglais, en Allemand, en Lettres Modernes ou en Espagnol jonchent nos rues et nos cités universitaires. Nulle part, on ne verra « Étudiant » dans une langue locale, en Baoulé ou en Dioula par exemple. Et nos universités africaines s’y prêtent volontiers ; on finit par admettre qu’elles ne forment que pour l’Occident, dans la langue de l’Occident. Nous sommes tous devenus ces fous du langage, du langage occidental s’entend, ces fous que Marina Yaguello appelle les logophiles. Le logophile est « l’inventeur de langues. Assis dans son cabinet de travail aux murs tapissés de livres, il accumule, il amoncelle, il compare, il classe, il fait des listes, il remplit des fichiers. Il est la proie d’un délire dénominateur, d’une folie taxinomique. Il lui faut tout nommer, mais, avant de nommer, il lui faut reconnaître et classer les concepts, enfermer l’Univers tout entier dans un système de notation :énumérer, hiérarchiser, établir des paradigmes. Ambition folle. » [18]
Pour le logophile, sa langue est la mère des langues, la langue-mère cette langue, la seule qui doit réconcilier les hommes. L’Afrique apparaît donc comme la terre des logophiles et des logothèques car c’est en Afrique qu’on a besoin de réconcilier les enfants d’Adam qui oublient qu’ils viennent du même ancêtre, qu’ils sont les produits d’un même arbre. C’est cette Afrique déchirée par la langue, qui , elle-même, finit par se déchirer que les logophiles veulent réconcilier par la réconciliation des hommes en opérant une réduction de toutes les langues à un seul et même dénominateur, dans une volonté d’exhaustivité, mais qui paraît hors-système. Cette volonté manifeste d’imposer une langue- mère, réconciliatrice de l’Afrique, est une idéologie mystificatrice dont l’impérative volonté est la sujétion et la glottophagie, selon le mot de Louis-Jean Calvet.
La glottophagie, selon cet auteur, consiste à imposer une langue dominante sans frein tant que les conditions politiques et économiques qui lui ont donné naissance perdurent. Les autres langues, considérées comme sous-langues, des dialectes, parce que non écrites, sont phagocytées ; la langue- mère devient une langue cannibale. Les langues des autres n’existent que comme preuves de la supériorité de la langue universelle, dite langue-mère. Au-delà de ces antécédents négatifs, c’est toute la culture de l’Autre qui est visée et qui est soumise à la glottophagie. « Cette glottophagie, dont la finalité est le confort, porte en germe le racisme et la justification du phénomène colonial qui la suivra de peu. Il n’est pas indifférent de noter que l’agencement téléologique que l’on inflige aux diverses langues est strictement parallèle à toutes sortes d’autres agencements (…), participant d’une organisation idéologique qui confère la force de la nature à certains statuts que notre culture a engendrés. » [19] La langue universelle doit commander à la langue du jargon.
Ainsi donc par la glottophagie, la domination s’institutionnalise. Mais le caractère paradoxal de cette situation tient en ceci que chaque côté peut apporter des arguments de poids en faveur de sa position pour revendiquer son historicité et son universalité. On sait par exemple qu’en Afrique, dans plusieurs pays, des peuples, tout le long des frontières tracées par la colonisation, peuvent parler la même langue. C’est ainsi qu’on verra que le Dioula, langue de commerce qui n’est rien d’autre que le Bambara transformé, est parlé aussi bien en Côte d’Ivoire, au Mali, au Sénégal, en Guinée qu’au Burkina Faso, etc. C’est dire qu’aucune langue n’est figée, statique ; la langue voyage au gré du vent et des cultures. On ne peut contester que la langue est un agir communicationnel, un acte de connaissance qui produit de la culture et de l’Homme.
La destruction d’une culture commence par la porosité de sa langue. Une langue poreuse est une langue évanescente, une langue dominée. Mais l’on oublie que le savoir ne peut commencer autrement que par l’auto-affirmation de la liberté-langue. La langue est un discours in-fini qui relève de la liberté d’un peuple. Toute langue est un acte de l’auto-constitution de l’absolu d’un peuple. Par la langue, le peuple s’auto-détermine et s’auto-pose comme réfléchissant, librement, selon la nécessité de sa nature propre. Le peuple n’accède à la vérité de soi qu’au prix de sa langue, considérée comme le sacrifice d’une individualité commune, singulière mais jamais fermée aux autres. Ainsi, à la saisie réflexive de la langue comme catégorie fondamentale de la culture d’un peuple, s’oppose l’attitude silencieuse de l’épuration langagière, une épuration qui consiste à ne chercher et à ne vouloir que les langues universelles, à prétendre que la seule valeur normative de la signification intrinsèque d’une langue est d’être écrite et que les autres langues ne sont que des langages amorphes et sans vérité.
Mais le refus de la langue de l’Autre devient en lui-même un problème. Il devient le langage du vrai-et-du-faux. Car , à son propre insu, il s’ouvre à son propre dépassement et à son rejet parce que ce discours discriminant finit par déborder tout discours et à se laisser prendre dans son propre piège, parce qu’il apparaît comme une langue tout autre , ‘’un parler divaguant’’. «Pour nous, cette manière de repousser un langage amorphe et sans vérité témoigne de la violence d’une catégorie qui ne constitue que sur le fonds d’un rejet et d’une exclusion. Cette violence tournée vers son dehors est l’envers de sa réflexion retournée sur elle-même. Le langage du vrai-et-du-faux ne se comprend qu’à la condition de ne pas comprendre son autre et de supposer qu’il y a deux langages dont l’un est à fuir, sans dialogue possible, mais qui est donc aussi implicitement reconnu comme le fonds auquel le langage du maître s’est arraché, dont il est né. » [20]
La réalité en Afrique, aujourd’hui, est que les langues dominantes ont fini par s’imposer aux langues dominées et se perpétuent comme des langues officielles. Elles ont fini par s’approprier l’Afrique. Le cannibalisme linguistique a eu raison de tout continent qui tend à perdre ses repères. L’on ne s’exprime que dans les langues d’emprunt au détriment des langues locales qui sont des langues de seconde zone sans ouverture à l’Universel. Mais l’on oublie que la langue aussi peut s’exporter, qu’elle est un produit économique qui peut développer des États. Il va falloir donc s’approprier la langue de l’Autre pour se développer ; n’est-ce pas que toute langue est échange culturel et enrichissement implicite ?
III LA LANGUE COMME PRODUIT D’EXPORTATION
Le monde est en perpétuelle mutation, les réalités d’hier ne sont pas forcément celles d’aujourd’hui. Les produits culturels sont devenus plus que jamais des denrées alimentaires consommables, des produits économiques. Les hommes voyagent, échangent et ont soif de connaissance ; les États, même les plus xénophobes, aspirent à être connus en ouvrant leurs frontières aux tourismes, en exposant leurs langues comme leur essence culturelle immuable. C’est dire que la langue est devenue le facteur primordial non seulement de la coopération mais aussi de tous les échanges. La langue est hégémonique, hégémonie de la domination culturelle, politique et économique. Chaque nation tend à déverser sa langue dans le monde afin d’occuper les premières places de la domination. C’est la concurrence des langues. On crée la Francophonie pour perpétuer la langue française et asseoir la domination française sur les pays partenaires. Le Commonwealth se donne le droit de protéger les intérêts anglais et américains. Les pays de la Ligue Arabe s’unissent pour défendre leur pétrole. La Chine et la Russie favorisent l’octroi des bourses aux étudiants du Tiers-monde pour faire des études sur leur sol afin d’asseoir leur expansion économique. Mais l’intention inavouée est l’apprentissage de la langue chinoise et russe. « L’enseignement est cet ensemencement. » [21] À analyser les choses de près, l’on se rend compte que les aides au développement se font par partage de langues.’’ Qui parle ma langue a ma faveur’’. Le monde devient le monde de la lutte des langues.
Désormais, ‘’n’entre sur mon territoire que celui qui sait parler ma langue‘’, c’est la devise des États dits développés. Les ambassades se chargent de faire la propagande des langues et d’imposer les conditions linguistiques aux immigrants et aux voyageurs. Il faut imposer sa langue pour imposer son hégémonie. Mais comment les États africains peuvent-ils sortir des mailles de ces filets ? La réponse n’est pas simple, surtout que pour des États qui sont à la recherche des moyens de survie de leur population, tous les échanges sont bons pourvu que la morale politique soit sauve.Cependant, les aides conditionnées linguistiquement ne favorisent pas l’essor des masses africaines. Nous ne disons pas qu’il faut refuser la langue de l’Autre, car il faut reconnaître que pour affronter l’Autre culturellement, il faut apprendre à le comprendre. Comprendre l’Autre, c’est comprendre ce qu’il dit pour savoir ce qu’il fait, du moins ce qu’il veut faire. De ce fait, la connaissance de sa langue devient un impératif. « D’où il faut apprendre, en même temps, ce que l’on comprend et ce que l’on ne comprend pas. » [22] . Cela sous-entend que les pays du Tiers-Monde continueront de rester encore longtemps sous la coupole de la domination. Certes, les pays développés imposent des facultés de langues dans les Universités des pays dominés. Mais pour avoir l’expérience des langues, pour avoir la qualification requise, il faut bien s’expatrier pour bien les connaître. Cet élan de sortir de soi vers un horizon autre, meilleur que le sien n’est pas sans conséquences majeures. Et Michel Serres le note avec raison : « Partir exige un déchirement qui arrache une part du corps à la part qui demeure adhérente à la rive de naissance, au voisinage de la parentèle, à la maison et au village des usagers, à la culture de la langue et à la raideur des habitudes. Qui ne bouge n’apprend rien. Oui, pars, divise-toi en parts. Tes pareils risquent de te condamner comme un frère séparé. Tu étais unique et référé, tu vas devenir plusieurs, et parfois incohérent, comme l’univers, qui, au début, éclata, dit-on, à grand bruit. Pars, et alors tout commence, au moins ton exposition en monde à part. Tout commence par ce rien. » [23]
Le déchirement commence déjà sur la terre d’accueil. Loin de sa terre natale, l’étranger est censé parler l’autre langue, la langue d’accueil. Il finit par s’en accommoder et se l’approprier au point qu’il abandonne sa langue d’origine, il devient un homme perdu. En Afrique, est considéré comme Homme perdu, celui qui ne sait plus parler sa langue ; l’homme qui ne voulant que sauver son âme, a assurément fini par la perdre .Sa Culture est mise en jachère. Pour l’Afrique, tout expatrié est une fragilisation de la langue locale. Car par la culture, donc par le savoir véhiculé dans sa langue, l’intellectuel africain expatrié, naît vieux mais meurt jeune dans la mesure où, transformé, métamorphosé, il a perdu une partie de lui-même, de sa culture, il a perdu son âme. Ont donc perdu leurs âmes, tous ces politiciens qui, lors de leurs meetings, ne s’expriment que dans une langue étrangère ignorant tout de leur langue d’origine, de leur langue de naissance. On pourrait en dire autant de ces Universités et Écoles africaines dont les décideurs n’ont pas encore compris que la fierté d’un État, c’est sa langue et que la langue doit s’exposer et s’exporter comme un produit économique. Quel Africain et pour quelle Afrique forme t-on dans nos institutions éducatives ? L’intégration régionale commence d’abord par l’intégration linguistique et cela implique que nos Universités et centres de recherches exigent l’apprentissage de nos langues nationales comme outils de connaissance. Il ne s’agira pas d’apprendre toutes les langues locales, mais de choisir celles qui sont le plus utilisées dans nos échanges commerciaux non seulement entre nous-mêmes mais aussi entre nous et l’extérieur, c’est-à-dire les peuples qui partagent la même langue dans des sphères différentes. On pourra par exemple enseigner le Bambara ou le Baoulé dans les universités des pays qui partagent cette langue. C’est à ces conditions que nos États pourront se valoriser et s’exporter linguistiquement afin d’imposer un jour leur hégémonie et de sortir du joug de l’obéissance car « L’obéissance reflète, en tous lieux et temps, l’image du commandement. » [24]
CONCLUSION
La dé-couverte de l’Afrique par le colonisateur a sans nul doute été le commencement de l’anéantissement des langues locales africaines pour asseoir l’hégémonie de la domination. La langue du colonisateur, admise comme langue officielle, universelle et éternelle atteste que le monde ne peut s’ordonner que dans sa verticalité, que l’histoire ne peut être racontée que par un seul narrateur , celui qui parle la langue universelle. L’Africain qui aspire à raconter son histoire,doit d’abord passer par une initiation et cette initiation est dramatique. C’est une véritable mystagogie qui passe par trois temps, le désir, l’échec et l’assomption. Le mystagogue doit d’abord reconnaître la langue du colonisateur comme un Bien universel et immuable ; ensuite, pour l’apprendre, il se doit d’assumer les humiliations qui vont jusqu’au refus de sa langue et à la néantisation de sa culture ; enfin, il finit par avoir l’illusion qu’il connaît la langue du colonisateur, mieux même que le colonisateur : c’est l’assomption. C’est à la fin de cette assomption que l’Africain, devenu intellectuel, a le sentiment d’une impuissance à créer dès maintenant une écriture, celle de sa langue et de son peuple.
C’est le temps de son refus. Il refuse doublement ; refus d’accepter une langue étrangère qui a fait entrevoir un silence noir par-delà le massacre de sa civilisation en l’invitant à émerger dans le néant de la destruction de tous les mythes et de toutes les tables de valeurs, en ne lui offrant que l’espérance, en lui faisant oublier son passé pour s’abîmer que dans un au-delà illusoire, le narguant et lui disant qu’il n’y a de langue et d’histoire que celles du colonisateur. Il refuse aussi sa propre langue qui n’a pas su s’écrire comme une langue victorieuse pour se lancer vers la mer et conquérir le monde ; une langue qui est restée enfermée sur elle-même et qui ne s’ouvre que pour se replier sur elle -même et revendiquer le Culte de la Différence, le retour aux sources et à l’exaltation de soi et de sa propre culture. Dès lors, en réclamant pour lui et en tant qu’intellectuel la liberté de penser et d’exprimer sa pensée, l’Africain Européen devient désemparé. Il le sait et se considère comme un guide et un chef spirituel ; il prend ses risques et devient un aventurier ; aventurier entre sa langue et la langue universelle, entre le Même et l’Autre. Mais à la vérité, il est devenu L’Autre plus que le Même. Son rapport à sa langue maternelle est devenu transgressif. Malade de sa mère, (mère-patrie, mère-langue) qui ne lui donne plus le lait, il devient au moins la mère de son discours et de sa propre pensée et ce discours se fait désormais dans l’Autre langue, celle qui lui donne actuellement le lait, c’est-à-dire celle qui lui permet de travailler, de se faire comprendre, celle qui le loge, qui l’accueille et qui le nourrit. Cela devient même une pathologie, une névrose obsessionnelle ; pour se guérir, il abuse de la langue de l’Autre, construit autour de soi un monde où les rencontres les plus fortuites et les lieux les plus communs deviennent des signes ; un monde presque délirant où on s’identifie par la langue universelle.
Dans cette perversion, on observe une sorte de fétichisation des mots, de la civilisation de l’Autre, de l’Autre- Civilisation. La langue cède alors à la bibliophilie et devient une sorte de rituel codé de la recherche d’une identité forcée, cachée dans la chose même de la langue. Il passe sa vie à tenter de transformer l’inhibition de sa langue en langue de l’inhibition par l’usage abusif des mots qui n’est souvent que la répétition pour créer une différence. À dire vrai, la langue de l’Autre devient la mélancolie même. Une mélancolie qui engloutit le moi qui parle, qui écrit dans la langue de l’Autre, à emplir le vide en soi. L’auto-appréciation se transforme en auto-dépréciation mélancolique. On se souvient en oubliant qu’on se souvient : c’est la cryptomnésie qui fait place au deuil. « Le deuil est mise en œuvre de différences. De l’autre, on évoque certaines expressions du visage, certaines scènes partagées, comme triant de vieilles lettres, on garde certaines, et on brûle les autres. La mélancolie ne choisit pas. Elle détruit tout, ou garde tout, mais un tout détruit, qui n’est rien. Tout lui est, à la lettre, indifférent. Tout ce qui n’est pas moi, qui ne suis plus que ce vide que l’autre a creusé parce que je n’ai pu le perdre. Les êtres se ressemblent, tous faits d’une même matière inerte, aucun ne se singularise ; » [25] la langue sort de la tombe, il faut que le grain meurt pour porter de beaux fruits.
L’Africain-Européen se sent libre et fini et il apparaît à la fois comme ouverture et fermeture ; il est le lieu de l’ouverture en laquelle s’enracine l’absence qui la fonde. Il est capable de révéler ce qui est, mais ce qui est, est incapable de se révéler à lui. Il est ou-vert à un néant à-venir. Il est un pré-sent tendu vers un à-venir-ouvert. Il devient un englobant-englobé. S’il a de la chance, il meurt pour ressusciter et sort de sa demeureprison pour forger sa personnalité. Être une personnalité, c’est avoir une langue à soi, être soi-même en étant l’Autre, en étant le dépassement même. Il opte pour la redistribution de ses langues qu’elles soient maternelles ou empruntées en acceptant de les parler. « Car tel est bien le problème : jusqu’où l’homme de l’abnégation et de l’altruisme extatique peut-il pousser l’exténuation de son être-propre, au risque de s’abîmer lui-même dans le non- être, et par conséquent d’annihiler l’altruisme lui-même en même tant que l’altruiste. Comment aller, au péril de sa vie, jusqu’à l’extrême rebord du presque-rien, tout en prenant bien garde de ne pas franchir la limite irréversible qui sépare du rien ce presque-rien ? » [26]
Si chaque langue est un savoir, les langues locales africaines méritent d’être enseignées dans nos écoles et dans nos universités pour fonctionner différemment et agir différemment dans la mesure où les hommes parlent des langues différentes. Les langues empruntées dites universelles, ne peuvent pas, à elles seules, expliquer le monde moderne. L’écriture ne suffit pas non plus pour être le critère pertinent de l’acceptation d’une langue dans l’histoire universelle. Car toute écriture a pour fondement une tradition orale. D’ailleurs, comme le dit Abdou Touré, « Si l’école a déjà assuré le salut de l’élite qui, au sommet de la pyramide sociale, doit exercer les pouvoirs de gestion, de décision et de contrôle social…, à quelles tâches seront donc soumis ceux qui en ont été rejetés ou expulsés, et ceux qui- à plus forte raison -n’y ont jamais mis les pieds ? » [27] Depuis, l’Afrique s’interroge.
BIBLIODRAPHIE
BARTHES (ROLAND), Le degré zéro de l’écriture suivi de Nouveaux essais critiques, Paris, Seuil, 1972, 187 Pages.
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BRUN (JEAN), Les conquêtes de l’homme et la séparation ontologique, Paris, PUF, 1961, 298 Pages.
CALVET (LOUIS- JEAN), Roland Barthes, un regard politique sur le signe, Paris, Petite Bibliothèque Payot, 1973, 181 Pages.
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JANKELEVITCH (VLADIMIR), Le paradoxe de la morale, Paris, Seuil, 1981 ,187 Pages.
KIRSCHER (GILBERT), La philosophie d’Eric Weil, Paris, PUF, collection Philosophie d’aujourd’hui, 1989, 414 Pages.
LEFEBVRE (HENRI), De l’Etat 4. Les contradictions de l’Etat moderne, Paris, UGE, 1978, Coll.10/18, 457 Pages.
MARCUSE (HERBERT), Culture et société, traduction de Gérard Billy, Daniel Bresson & Jean- Baptiste Grasset, Paris, Les Editions de Minuit, 1970, 387 Pages.
REY (JEAN-MICHEL), L’enjeu des signes, Lecture de Nietzsche, Paris, Seuil, 1971, 285 Pages.
SARTRE (JEAN-PAUL), Qu’est-ce que la littérature ? Paris, Gallimard, 1948, 374 Pages.
SCHNEIDER (MICHEL), Voleurs de mots, Paris, Gallimard, 1985, 392 Pages
SERRES (MICHEL), Le Tiers- Instruit, Paris, Gallimard, 1971, 249 Pages.
SIMON (PIERRE- HENRI), L’esprit et l’histoire, Petite Bibliothèque Payot, 1969, 204 Pages.
TOURE (ABDOU), La civilisation quotidienne en Côte d’Ivoire, procès d’occidentalisation, Paris, Karthala, 1981, 279 Pages.
YAGUELLO (MARINA), Les fous du langage, Paris, Seuil, 1984, 248 Pages.
© Dr Samba Diakité
www.contrepointphilosophique.ch
Rubrique Politique
28 janvier 2007
Dr SAMBA DIAKITE
ENSEIGNANT-CHERCHEUR
UNIVERSITE DE BOUAKE (COTE D’IVOIRE)
BP 802 ANYAMA
225-05-91-81-03
225-01-35-91-00
[1] MARCUSE (HERBERT), Culture et société, traduction de Gérard Billy, Daniel Bresson & Jean- Baptiste Grasset, Paris, Les Editions de Minuit, 1970, P.338.
[2] CALVET (LOUIS- JEAN), Roland Barthes, un regard politique sur le signe, Paris, Petite Bibliothèque Payot, 1973,P.16.
[3] BARTHES (ROLAND), Le degré zéro de l’écriture suivi de Nouveaux essais critiques, Paris, Seuil, 1972, P.7.
[4]
BARTHES (ROLAND), op. cit., p.11.
[5] BRUN (JEAN), Les conquêtes de l’homme et la séparation ontologique, Paris, PUF, 1961, P.243.
[6] REY (JEAN-MICHEL), L’enjeu des signes, Lecture de Nietzsche, Paris, Seuil, 1971, P.159.
[7] YAGUELLO (MARINA), Les fous du langage, Paris, Seuil, 1984, P.72.
[8] LEFEBVRE (HENRI), De l’Etat 4. Les contradictions de l’Etat moderne, Paris, UGE, 1978, Coll.10/18, P.219.
[9] BRUN (JEAN), op. cit. , p.246.
[10] CALVET (LOUIS-JEAN), Linguistique et colonialisme, petit traité de glottophagie, Paris, Payot, 1974, P.56.
[11] SARTRE (JEAN-PAUL), Qu’est-ce que la littérature ?, Paris, Gallimard, 1948, p.29.
[12] SIMON (PIERRE- HENRI), L’esprit et l’histoire, Petite Bibliothèque Payot, 1969, p.26.
[13] CALVET (LOUIS-JEAN), Roland Barthes, un regard politique sur le signe, Paris, Petite Bibliothèque Payot, 1973, P.21.
[14] CALVET (LOUIS-JEAN), op.cit., P.27.
[15] BARTHES (ROLAND), Le plaisir du texte, Paris, Seuil, collection ‘’Tel Quel’’, 1973, P.101.
[16] SERRES (MICHEL), Le Tiers- Instruit, Paris, Gallimard, 1971, P.27.
[17] BARTHES (ROLAND), Le degré zéro de l’écriture suivi de Nouveaux essais critiques, Paris, Seuil, 1972, P.42.
[18] YAGUELLO (MARINA), op.cit., P.35.
[19] CALVET (LOUIS-JEAN), Linguistique et colonialisme, petit traité de glottophagie, Paris, Payot, 1974, PP. 31-32.
[20] KIRSCHER (GILBERT), La philosophie d’Eric Weil, Paris, PUF, collection Philosophie d’aujourd’hui, 1989, p.213.
[21] SERRES (MICHEL) ,op.cit., P.83.
[22] SERRES (MICHEL), op.cit., p.94.
[23] SERRES (MICHEL), op.cit., p.28.
[24] SERRES (MICHEL), op.cit., p.141.
[25] SCHNEIDER (MICHEL), Voleurs de mots, Paris, Gallimard, 1985, P.347.
[26] JANKELEVITCH (VLADIMIR), Le paradoxe de la morale, Paris, Seuil, 1981 , P.78.
[27] TOURE (ABDOU), La civilisation quotidienne en Côte d’Ivoire, procès d’occidentalisation, Paris, Karthala, 1981, P.96.