IMPROMPTUS POUR UN TEMPS DE MAL-ETRE

 

Par Michel Cornu

 

 

C'est vrai que celui qu'on nommait volontiers naguère, c'est-à-dire hier, escroc ou voleur, celui qui fut à tort, bien sûr, visé par la justice, c'est vrai que celui-là, par la grâce des élections et avec l'assentiment de la majorité de l'intelligentsia et de ce que l'on appelle presse d'information ou presse critique, est devenu le Sauveur de la République. Avec des accents gaulliens ou gaullistes. C'est vrai que le borgne qui, de son bon œil pose les bonnes questions, et de son mauvais apporte les plus mauvaises réponses n'a réuni sous son nom qu'une dizaine de pelés. Qui méritaient le même mépris que leur candidat voue à ceux qui ne partagent pas sa vision de la France. C'est vrai qu'entre un escroc et un fasco, il n'y a pas de place pour qui conduisit intelligemment, démocratiquement les affaires de l'État. Honnête, s'abstenir. "Français, je vous ai compris", disait celui avec les accents…

Kaposvar Hongrie
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C'est vrai que ces pays dits bas qui furent et  qui restent un modèle de tolérance, d'intelligence démocratique sont en train de résoudre le problème de l'extrême droite en tuant son leader.

 

C'est vrai que ce pays  qui, avant d'être un des plus accueillants d'Europe, envoya ses Vikings de par le monde, devient enfin conforme aux seules normes susceptibles de préserver la sécurité.

 

C'est vrai que la confédération des Helvètes qui, rompant avec sa tradition s'ouvre au monde, je veux dire l'Europe, fait preuve de magnanime générosité: elle nettoie dans ses banques un certain argent, comme une femme de ménage un appartement, et déverse dans le ciel allemand la pollution sonore de ses avions, loin de la "Goldküste".

 

C'est vrai que les pédagogues qui nous serinent qu'il faut mettre l'enfant au centre, sont en train d'assister à une réalisation drastique de leurs théories: par l'élimination physique de ceux qu'on ne veut plus appeler des maîtres, mais des intervenants. Intervenants, par assassinat interceptés.

 

C'est vrai que c'est un affreux suppôt d'Arafat qui a assassiné Rabin. C'est vrai que Sharon est "un homme de paix". Il l'avait déjà prouvé à Sabra et Chatilla. Et il est en train de trouver la solution définitive au problème palestinien. Ce qui, sans doute, comme à un certain Kissinger ou autre Shimon, lui vaudra un prix Nobel. De la Paix.

 

C'est vrai que le président Bush est deux fois "born again": la première, lorsqu'il crut rencontrer Jésus dans un délire éthylique dû à une mare de pétrole; la deuxième, lorsqu'il survécut à un "étouffe crétin". A quand son Nobel?

 

C'est vrai que les fondamentalistes islamistes, juifs et chrétiens détiennent tous la vérité: celle qui rassure en tuant.

 

© Michel Cornu

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Rubrique Humorales

Mai 2002